| Le "b.a-ba de la prière" | |||
Passer de la « tête » au « cœur » 3
Les Pères du désert, ces moines et ermites du désert égyptien et syrien des IVème - VIème siècles ont marqué toute la tradition spirituelle chrétienne. Pour disposer le cœur à la prière plusieurs insistent sur l'importance du « silence du cœur ». Comme le disait un Père :
Demeurer dans le silence permet d'entendre ce que je n'entends plus. Tout ce qui me passait inaperçu jusqu'alors, tout ce qui m'entoure, toutes ces petites choses qui semblent sans importance, et néanmoins à travers lesquelles un Autre vient me parler. Car dans la tradition spirituelle chrétienne silence et écoute vont ensemble. Il s'agit en effet de laisser creuser en nous le silence Les Pères du désert n'insistent pas uniquement sur le silence extérieur, le silence des mots, mais sur le silence intérieur, le silence du cœur. Le silence nous rend présents au présent. Et peu à peu il nous éveille à un silence plus profond, un silence qui nous est donné par Celui qui est là et désire nous rencontrer. Or, nous en faisons souvent l'expérience, il suffit de se taire pour que des pensées nombreuses s'agitent en nous.
ExerciceJe peux me promener en me rendant attentif à ma respiration, à mon corps, présent par tous mes sens au monde qui m'entoure. En étant présent à ce que je vois, entends, sens, je me laisse ainsi conduire vers le « silence du cœur ». Que faire si je constate que je suis dissipé et que je replonge dans mes pensées ? Revenir simplement à la perception. Ce n'est pas grave d'être distrait et emporté par les pensées. Dès que nous le constatons il s'agit de revenir à la perception sans nous demander combien de temps et pourquoi nous avons été distraits. Plus je ferai cet exercice et plus facilement j'apprendrai à disposer mon cœur au silence pour entrer dans la prière. Frédéric, jésuite Ecouter :
7 minutes - Evangile selon saint Marc chap.4 v.35-41
La tempête apaisée Après l'exerciceDès que je veux faire silence je commence à penser, à réfléchir, à analyser, à juger, sans compter toutes les pensées inutiles qui me parasitent. Cependant si je suis présent à ce que j'entends, à ce que je vois, à ce que je touche, ici et maintenant, sans réflexion, en gratuité, je disposerai plus facilement mon cœur au silence et à la prière. Il n'y a rien à « faire », mais être là simplement. Alors, peu à peu, mon cœur s'éveille à la Présence d'un Autre, du Seigneur qui cherche à me parler. Le silence n'est pas à « faire », il est déjà là.
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