Accueil Prier au cœur du monde Prier est-ce efficace ? 4 - Dieu a-t-il besoin de notre prière ?
Prier est-ce efficace ?

Dieu a-t-il besoin de notre prière ?

Dieu a-t-il besoin de notre prière ?

Cher Jacques,

Dans une méditation du livre
de l'Exode Benoît XVI
dit :

Il s'agit du célèbre récit
de la bataille entre les Israélites
et les Amalécites
(cf. Ex 17, 8-13a - Lire).
Ce qui détermina l'issue
de ce dur conflit fut
précisément la prière
adressée avec foi au vrai Dieu.
Alors que Josué et ses hommes
affrontaient les adversaires
sur le champ de bataille,
Moïse était sur la cime de la
colline avec les mains levées,
dans la position de la personne
en prière.
Ces mains levées du grand
condottiere garantirent
la victoire d'Israël.
Dieu était avec son peuple,
il en voulait la victoire,
mais son intervention
était conditionnée
par les mains levées de Moïse.
Cela semble incroyable,
mais c'est ainsi:
Dieu a besoin des mains levées
de son serviteur !

Tu me demandes si DIEU, Celui qui est à la source de tout, a besoin de notre prière ? N'est-il pas Tout Puissant ? Pourquoi devrait-il attendre ma prière pour agir ? C'est une bonne question et je ne sais pas y répondre complètement. Je pense seulement que c'est le mystère de l'Amour auquel nous sommes confrontés. Un amour si respectueux de l'autre, si discret et effacé, qui ne force pas la liberté, au point d'en être désarmé et vulnérable, au point d'être un « mendiant d'amour » espérant notre regard, notre cœur, notre prière. Comme le père du « fils prodigue (lire le récit Lc. 15 v. 11-32) qui respecte ses choix, sa liberté, attendant le moindre geste de son enfant pour le prendre dans ses bras. Tant qu'il refuse de revenir, le père ne peut qu'être là, présent, en attente, en souffrance. Ainsi notre Père, dans sa profonde miséricorde semble ne pouvoir faire autrement, non pas en vérité qu'il ne puisse pas, mais parce que depuis toujours il a désiré ne rien faire sans nous, sans que nous puissions collaborer, avec son Fils, à sa mission au cœur du monde. Notre prière, d'une certaine manière, lui permet d'agir, non qu'il en ait besoin strictement parlant, mais cependant elle l'autorise à agir. Ce n'est pas l'homme paralysé (lire le récit Mc 2, 3-12) qui demande à Jésus de le guérir, ce sont d'autres qui le portent vers Lui et qui rendent possible son action.

Pour aider sa mission le Christ nous invite Lui-même à prier, à intercéder auprès du Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (Mathieu 9,38). Il y à là un enjeu de conversion personnelle : croire que ma prière, humble et fragile, comme peut l'être notre propre souffle et notre amour, nous met en communion avec Jésus-Christ, et facilite son action dans le monde. Rien de spectaculaire, pas de bruit, pas de buzz. Le Seigneur agit dans le monde comme un « mendiant d'amour » qui frappe à la porte de nos cœurs. L'Amour est relation, il est invisible même s'il tend à prendre chair, geste, corps, mais l'amour est aussi à sa source comme le bruissement du roseau prenant racine dans les profondeurs de la terre, pendant longtemps dans l'obscurité on ne voit rien et pourtant ses racines deviennent si profondes, que le jour où il surgit à la lumière il atteint le ciel. Le temps vient où l'Amour qui pétrit le monde se révèlera en plénitude. « Maranatha, Viens Seigneur Jésus » (Ap. 22,20).

Père Frédéric

 

Introduction

1 - Instrumentaliser Dieu ?

2 - Comment demander ? Que demander ?

3 - Prier, à quoi ça sert ?

4 - Dieu a-t-il besoin de notre prière ?

5 - Alors, la prière est-elle efficace ?

6 - Peut-on prier sans cesse ?


 

 

 

 

 

TEXTES BIBLIQUES

Le Père plein de miséricorde

Evangile selon saint Luc, chap. 15, v. 11-32

11 Il dit encore : «Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : ‹Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir›. Et le père leur partagea son avoir.

13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.
14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence.
15 Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.
17 Rentrant alors en lui-même, il se dit : ‹Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim !
18 Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi.
19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers›.

20 Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
21 Le fils lui dit : ‹Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...›
22 Mais le père dit à ses serviteurs : ‹Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds.
23 Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
24 car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé›. Et ils se mirent à festoyer.

25 Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses.
26 Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c'était.
27 Celui-ci lui dit : ‹C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu'il l'a vu revenir en bonne santé.›
28 Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l'en prier;
29 mais il répliqua à son père : ‹Voilà tant d'années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres; et, à moi, tu n'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui !›
31 Alors le père lui dit : ‹Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé›.

Traduction Œcuménique de la Bible

Les « intercesseurs »

Evangile selon saint Marc, chap. 2, v.3-12

3 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé porté par quatre hommes.
4 Et comme ils ne pouvaient l'amener jusqu'à lui à cause de la foule, ils ont découvert le toit au-dessus de l'endroit où il était et, faisant une ouverture, ils descendent le brancard sur lequel le paralysé était couché.
5 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : «Mon fils, tes péchés sont pardonnés».
6 Quelques scribes étaient assis là et raisonnaient en leurs cœurs :
7 «Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ?»
8 Connaissant aussitôt en son esprit qu'ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit : «Pourquoi tenez-vous ces raisonnements en vos cœurs ?
9 Qu'y a-t-il de plus facile, de dire au paralysé : ‹Tes péchés sont pardonnés› ?, ou bien de dire: ‹Lève-toi, prends ton brancard et marche› ?
10 Eh bien! afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre...» - il dit au paralysé :
11 «Je te dis : lève-toi, prends ton brancard et va dans ta maison».
12 L'homme se leva, il prit aussitôt son brancard et il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient bouleversés et rendaient gloire à Dieu en disant : «Nous n'avons jamais rien vu de pareil !»

Traduction Œcuménique de la Bible

Les mains de Moïse

Livre de l'Exode - chapitre 17, versets 8-13a

8 Alors, Amaleq vint se battre avec Israël à Refidim.
9 Moïse dit à Josué: « Choisis-nous des hommes et sors te battre contre Amaleq; demain, je serai debout au sommet de la colline, le bâton de Dieu en main.»
10 Comme Moïse le lui avait dit, Josué engagea le combat contre Amaleq, tandis que Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline.
11 Alors, quand Moïse élevait la main, Israël était le plus fort; quand il reposait la main, Amaleq était le plus fort.
12 Les mains de Moïse se faisant lourdes, ils prirent une pierre, la placèrent sous lui et il s'assit dessus.
Aaron et Hour, un de chaque côté, lui soutenaient les mains.
Ainsi, ses mains tinrent ferme jusqu'au coucher du soleil,
13 et Josué fit céder Amaleq et son peuple au tranchant de l'épée.

Traduction Œcuménique de la Bible

 


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