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79 ans
 
Wallis et Futuna
ZOOM-pti-Thelastminute-Flickr Wallis et Futuna

 

UNE EGLISE QUI CULTIVE TOLERANCE ET RESPECT - A l'autre bout du monde, deux groupes de petites îles françaises, collectivités d'outre-mer si peu connues, vivent une foi chrétienne qui peut étonner la nôtre : Wallis et Futuna. Le Père Félix, responsable de la communauté des Wallisiens et Futuniens vivant en métropole porte un regard tendre sur ces îles qui nous donne le goût de l'y suivre.

 


A Wallis et Futuna, une Eglise qui cultive tolérance et respect

 

« Lorsque je veux expliquer d'où je viens, je prends une orange, je la perce de part en part et voici : d'un côté c'est Paris, de l'autre c'est chez moi, Futuna ». P. Félix exprime d'emblée combien la culture de ces îles semble lointaines aux français de métropole.

 

De l'autre côté d'une orange

Situées dans le Pacifique entre la Nouvelle Calédonie et Tahiti, distantes de 22000kms de la métropole, on y parle le français et on y est chrétien à 95%. Aux 14 000 habitants résidant sur ces îles paradisiaques, il faut ajouter les 22000 qui ont dû émigrer vers la Nouvelle Calédonie ou sur le continent. Iles de brassage, marquées par des vagues d'immigration successives, les habitants y cultivent la tolérance et le respect.

 

Une évangélisation douce

 

Les missionnaires sont arrivés dans les îles d'Océanie il y a 150 ans à peine mais l'évangélisation y a été rapide ; les habitants ont adhéré très vite à la foi catholique qui rejoignait leurs croyances traditionnelles : « On ne les a pas forcés à croire. Certes il y a eu un martyr. Mais ce fut sans doute la marque d'une incompréhension : le missionnaire rassemblait les jeunes plus que le roi, il fallait tuer ou l'un, ou l'autre. Ils ont tué l'étranger.

 

Un peuple qui vivait
déjà les valeurs de l'évangile

Mais quand les missionnaires sont revenus ensuite, toute la population a demandé le baptême. Ces Polynésiens vivent le sens de la communauté et de la solidarité depuis la nuit des temps pour faire face à l'adversité. » Le christianisme leur correspondait. « Si le toit d'une femme veuve est emporté par exemple, les voisins vont se retrousser les manches, organiser de la nourriture et des matériaux et reconstruire. Ils vivent une générosité naturelle, font des travaux communautaires ...». A ces hommes qui respectaient déjà l'humain - les personnes âgées, les démunis - l'évangile est venu dire d'aller encore plus loin comme donner une dignité aux personnes handicapées, jusque là ignorées.

 

 


 Société civile et Eglise, une cohabitation tranquille

L' Eglise, jeune, est présente dans toutes les instances de la société, surtout dans les écoles car les missionnaires ont évangélisé grâce à l'école catholique. Mais aussi dans les centres de soin et les mouvements caritatifs. Elle cohabite avec la société civile, participant à toutes les grandes décisions, à part égale avec le représentant de l'état (le préfet) et les 3 suzerains (puisque l'on compte 2 rois à Futuna et un à Wallis !). « L'année dernière, un grave conflit social a éclaté là-bas car la vie moderne est arrivée aussi sur les îles, avec l'argent et les pots de vin. J'ai eu du mal à rassembler les instances coutumières mais ensuite, ils m'ont écouté. La voix du prêtre a un sens de sagesse, plus que la voix des chefs. Comme prêtre, je viens de Dieu.».

 

la voix du prêtre vient de Dieu

La jeunesse de cette Eglise est un atout mais la mondialisation ébranle ses fondations encore fraîches : « L'argent vient tout gâter, on perd le bon sens, ça gâche la belle culture de là-bas » complète Père Félix. C'est de ce double enjeu que peuvent témoigner les nombreux Océaniens français installés aujourd'hui en métropole.

 Claire et Mariette, équipe AP

 

Pour aller plus loin :

Wallis et Futuna sont deux îles distantes d'environ 250 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Elles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. C'est un capitaine britannique qui donna son nom à Wallis, mais les autochtones l'appellent Uvéa. La présence européenne n'est significative qu'à partir du XIXe siècle (1) C'est sous l'influence du père Bataillon qui débarqua à Wallis en 1837 (le père Chanel à Futuna) que fut négocié un traité de protectorat avec la France.

 

Le roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007) a obtenu en 1961 que «l'archipel » devienne un territoire d'outre-mer de la République française, désormais collectivité d'outre mer avec un statut particulier. C'est ainsi que pouvoir coutumier et pouvoir administratif se trouvent conciliés. On peut même parler de trois pouvoirs : « le pouvoir coutumier (représenté avant tout par les rois) ; l'administration supérieure (représentée par l'administrateur supérieur qui a le titre de préfet) ; l'Église (représenté par l'évêque de Wallis et Futuna) (2)


Découvrir -
OCEANIE

WALLIS ET FUTUNA

(1) Wikipedia
(2) Un site internet pour découvrir WALLIS et FUTUNA :
http://www.wallisetfutuna.fr

VIDEO - Le père Felix originaire de Futuna 

 

 

 

 

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