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Paroles d'Eglise

« L'eau, bien commun de l'humanité»

Le défi posé par l'accès à l'eau potable mobilise non seulement les gouvernants de toutes nations, mais également l'Organisation des Nations Unies, ainsi que de nombreuses Organisations non gouvernementales. L'Eglise est, elle aussi, bien consciente de l'ampleur et de l'importance de la question.

Ainsi, le pape Benoît XVI a affirmé, dans un discours prononcé lors de l'Exposition mondiale à Saragosse, en 2008, que le droit d'accès à l'eau potable «est fondé sur la dignité de la personne humaine ; dans cette perspective, il est nécessaire d'examiner attentivement l'approche de ceux qui considèrent et qui traitent l'eau comme un simple produit économique. Son emploi doit être rationnel et d'un grand secours, résultat d'une synergie équilibrée entre les secteurs public et privé».

Par la voix de son Pasteur, l'Eglise, unissant ses efforts à ceux des nations, réaffirme donc que l'eau, bien commun de la famille humaine, constitue un élément essentiel pour la vie, et que la gestion de cette ressource précieuse doit être telle qu'il en soit permis un accès à tous, surtout à ceux qui vivent dans des conditions de pauvreté.

Déjà dans une lettre adressée, le 22 mars 2007, au Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, le pape s'était fait l'écho de l'attention et de la position de l'Eglise.

Jean-Marie., Equipe AP

Extraits :

« L'accès à l'eau compte en effet parmi les droits inaliénables de tout être humain, puisqu'il représente un pré-requit pour la réalisation d'une grande partie des autres droits humains, comme le droit à la vie, à l'alimentation, à la santé. Pour cette raison, l'eau «ne peut pas être traitée comme une simple marchandise parmi tant d'autres et son usage doit être rationnel et solidaire (...) Le droit à l'eau, comme tous les droits de l'homme, se base sur la dignité humaine et non pas sur des évaluations de type purement quantitatif, qui ne considèrent l'eau que comme un bien économique. Sans eau, la vie est menacée. Le droit à l'eau est donc un droit universel et inaliénable » (Compendium de la Doctrine sociale de l'Église, n. 485) ... »

« En ce sens, la gestion durable de l'eau devient un défi socio-économique, environnemental et éthique, qui concerne non seulement les institutions, mais la société tout entière. Ce défi doit être affronté selon le principe de subsidiarité, c'est-à-dire à travers l'adoption d'une approche avec la participation de tous, impliquant non seulement le secteur privé mais aussi et avant tout les communautés locales ... »

Et le pape concluait sa lettre, de façon très interpellante :

«Nous sommes tous appelés à modifier nos modes de vie, par un effort éducatif capable de redonner à ce bien commun de l'humanité la valeur et le respect qu'il mérite dans notre société.»

Lire le document

 

La communauté internationale s'est fixé, de réduire de moitié, à l'horizon 2015, la proportion des personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable et aux services d'assainissement de base.



INSTRUMENTS DE PAIX - Un livre de documents franciscains sur la justice, la paix et la sauvegarde de la Création - Télécharger

GUÉRIR UN MONDE BRISÉ - Présentation de ce document -Fruit du travail d'un groupe international de jésuites et de laïcs, ce document, élaboré à l'automne 2010 a été publié dans la revue Promotio Iustitiae. Il propose une perspective globale sur l'écologie et des recommandations pratiques - Télécharger

 

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Retrouvez la vigueur des papes et du Concile sur les grandes questions sociales depuis le XIXe siècle, ainsi que le contexte historique et politique dans lequel ils s'inscrivent. Découvrez aussi les principes structurants d'une "doctrine sociale" et les grands thèmes abordés par l'Eglise catholique.

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La Commission Justice, Paix et Integrité de la Création (JPIC) prend racine dans nella Constitution Gaudium et Spes (cf. n. 90) et dans le Synode des Evêques sur la Justice dans le monde (1971). Elle a été institutionnalisée en 1982 comme un groupe de travail conjoint de l'Union des Supérieurs Généraux (USG) et de l'Union Internationale des Supérieures Générales (UISG) - Congrégations religieuses.

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Compendium de la Doctrine sociale de l'Église



GUÉRIR UN MONDE BRISÉ -

« Veiller au bien-être de la planète est une question éminemment politique. Cependant, cette réflexion ne doit pas être laissée à nos seuls gouvernants, c'est une question transversale qui nous concerne et a des implications concrètes, quotidiennes. La Compagnie de Jésus semble avoir commencé à travailler sérieusement cette question lors de la dernière Congrégation générale (CG35), en 2008, avec le décret 3 : « la réconciliation avec la Création », suite auquel elle a réuni un groupe de travail international composé de laïcs et de jésuites. Ce dernier vient de publier un document de référence : « Guérir un monde brisé ». Ses travaux se situent dans le prolongement de la réflexion et de l'investissement constant des fils d'Ignace de Loyola pour la promotion de la justice : permettre aux hommes et aux femmes de ce temps d'avoir des conditions de vie digne. Il est structuré autour d'une logique digne de l'Action Catholique : Voir, Juger, Agir ».

« Guérir un monde brisé » met en lumière que la technique n'est pas suffisante pour apporter des solutions à la crise écologique actuelle. Sa raison d'être est bien plus profonde qu'une mauvaise ou une abusive utilisation des biens de ce monde. Il faut également garder en mémoire que ceux qui sont le plus frappés par cette crise sont les plus fragiles. C'est pourquoi, les solutions passent aussi par une amélioration concrète de leur situation.

Le document montre que les racines sont tout autant sociales, économiques, politiques et même religieuses. Religieuses, parce que les religions ne cessent de collaborer à l'amélioration des conditions de vie de nos contemporains.

Une fois posé ce constat, « Guérir un monde brisé » s'interroge sur le lien entre préserver, accompagner, restaurer ce monde et la mission de la Compagnie de Jésus. Il s'agit, en fait, de vivre un « véritable ministère de la réconciliation » qui n'est possible que si l'Homme, placé au centre de la création (cf. Livre de la Genèse) agit d'une manière ajustée dans l'ensemble de ses actions et de ses relations. C'est non seulement une dominante dans la manière de servir la mission du Christ chez les Jésuites mais plus encore une fidélité à la doctrine sociale de l'Église.

La lecture de cette crise écologique et environnementale par la Compagnie de Jésus est non seulement une invitation à prendre conscience de ses enjeux pour notre monde mais surtout un appel à poursuivre, d'une manière renouvelée, ce combat pour la justice initié par le Père Pedro Arrupe et la 34ème Congrégation Générale de la Compagnie de Jésus il y a presque 40 ans.

Pierre-Baptiste, Equipe AP

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