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61 ans| Haïti |
HAITIPORT-AU-PRINCE, UN SEISME ET DEUX ANNEES PLUS TARD . « Ségné vin sové nou ! Seigneur vient nous sauver ! », c'est le cri poussé par le peuple haïtien aux soirs des deux séismes, les 12 et 20 janvier 2010. La catastrophe suscite un élan mondial de solidarité. Qu'en dire aujourd'hui ? Anne et Vincent qui ont adopté trois enfants de ce pays partagent leur regard. Port-au-Prince, un séisme et deux années plus tard
La majorité des promesses Séisme en Haïti : 300 000 personnes sont blessées, au moins 230 000 décèdent et 1,2 million restent sans-abris.Une population qui vivait déjà à 75% sous le seuil de pauvreté : 2 $/j. L'élan mondial de solidarité est immédiat et l'année 2010 voit la majorité des promesses de dons se concrétiser, équivalant à 20% du PIB. En 2011, un grand travail de terrain se fait notamment par l'intermédiaire de l'UNICEF et des ONG, travail qu'on ne peut chiffrer pour l'instant. Mais on ignore le degré d'autonomie recouvré par l'Etat haïtien.
Organiser la vie de plus de 600 000 personnes
Sur le terrain, 645 000 personnes dont 40% d'enfants, vivent dans des camps de fortune, où la vie s'organise : petits commerces, etc. L'hygiène et l'insécurité restent des problèmes aigus. La violence sévit, notamment à l'égard des femmes en particulier par des viols. La pluie sort de leur lit les cours d'eau, qui charrient au cœur des tentes, ordures et eaux usées. « Les haïtiens vivent au milieu des décombres, des égouts à ciel ouvert. Le quotidien se passe dans les ruines. ». Du coup, le choléra reste un fléau malgré les campagnes de prévention et les soins hospitaliers de fortune.
L'insécurité, le jour, La vie reprend très lentement : l'insécurité, le jour, diminue en certains lieux. On revoit depuis peu les marchands les plus divers sur les trottoirs et, plus étonnant, plusieurs grands supermarchés bien achalandés ont récemment ouvert. Les enfants, encore dans l'angoisse d'une nouvelle secousse, ont classe sous des bâches. On essaie de rendre gratuite l'école, qui sert un repas à midi, souvent le seul de la journée.
Les 4X4 de l'ONU et des ONG se font moins nombreux, remplacés par de grosses voitures flambant neuves, ce qui laisse perplexe... Environ 20% des décombres ont été déblayés : c'est peu et c'est beaucoup ; on commence à y voir clair ici et là.
Il porte le projet d'une école, Rendre l'espoir, un vrai travail Le plus frappant est peut-être le courage et la générosité de nombreux haïtiens d'origine ou d'adoption, ONG engagées de manière permanente, congrégations religieuses qui étaient là avant le séisme et font corps et cœur avec le peuple. Ainsi Onel qui porte à bout de bras une école, alors qu'il a perdu plusieurs membres de sa famille et sa maison, ou encore Pierre-Yvon, qui poursuit les démarches administratives des enfants en cours d'adoption, pour le jour où elles seront de nouveau possibles, ou enfin Mano, qui héberge une famille dans sa maison épargnée. Tous ont besoin
Les uns trouvent leur espérance en eux-mêmes, les autres la voient soutenue par la Grâce. Tous ont besoin de notre prière de communion, les religieux la réclament, et besoin aussi de notre soutien matériel durable. « La misère... il n'y a pas de mots. Nous avons beaucoup de travail, pas seulement pour donner de la nourriture, des soins, des médicaments, mais aussi pour leur donner l'espoir, leur montrer que nous vivons avec eux la souffrance, la peine » nous confie une missionnaire de la Charité, sœur Joie. Anne et Vincent Gayde*
*Anne et Vincent Gayde, depuis longtemps attachés au peuple haïtien, ont adopté trois enfants de ce pays, recueillis par les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa, à Port-au-Prince.
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