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Égypte
ZOOM-Andre-Bradin EGYPTE

 

LE NIL CONVOITÉ - L'accès à l'eau de ce fleuve géant est source d'oppositions entre les très nombreux pays qu'il traverse, alors que la vie des populations riveraines en dépend. Le P. François Boëdec, jésuite, spécialiste des enjeux hydro politiques nous éclaire.

 


Le Nil convoité

Le Nil (6.695 kilomètres) est issu de deux systèmes indépendants prenant leur source en Afrique de l'Est : le Nil Blanc nait au Burundi et le Nil Bleu, au cœur de l'Éthiopie. Il traverse onze pays : la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda, la République du Soudan, le Soudan du Sud, l'Ethiopie, l'Erythrée et l'Egypte.


Le Nil, source d'oppositions

Le Nil est source d'oppositions, surtout à partir du Nil Bleu qui traverse l'Erythrée et le Soudan et finit en Egypte. 80 % de l'eau qui traverse l'Egypte vient du Nil Bleu. Pendant longtemps, l'Egypte n'avait jamais rencontré de problèmes. La situation a changé en raison de la pression démographique qui touche tous les pays riverains du Nil, chaque pays cherchant à défendre ses intérêts. L'Egypte a d'abord contesté à l'Ethiopie le droit de réaliser des aménagements sur le fleuve. De leur côté, l'Ethiopie et les autres pays riverains ont déclaré nul le régime juridique colonial de 1929 donnant beaucoup d'avantages à l'Egypte ainsi que l'accord de partage établi unilatéralement entre l'Egypte et le Soudan en 1959.

 

 

Les relations politiques entre l'Egypte et l'Ethiopie ont commencé à changer au milieu des années 90 en raison d'une commune hostilité au régime islamiste de Khartoum. Mais surtout, l'Egypte s'est rendu compte qu'elle ne pourrait mener à bien son ambitieuse politique hydraulique sans concertation avec ses voisins. L'Egypte s'est, en effet, engagée dans trois projets importants : le canal de la Paix arrosant le nord du Sinaï, le canal de Tochka visant à faire « un nouveau delta du Nil » et le projet de la « Nouvelle Vallée» à partir d'oasis au sud de la capitale. L'ensemble nécessite dix milliards de mètres cubes d'eau supplémentaires. Mais l'Egypte ne peut plus augmenter le débit du Nil et ne peut s'opposer indéfiniment aux besoins de ses voisins.

 

Initiative du Bassin du Nil :
pour une coopération hydraulique

Un certain espoir est né en 1999 avec l'Initiative du Bassin du Nil (IBN) pour une coopération hydraulique. Les pays concernés ont alors décidé de définir un nouveau cadre juridique pour remplacer les accords coloniaux et bilatéraux. Cependant, après des débuts prometteurs, les choses n'avancent pas. Les réunions se succèdent sans aboutir et la méfiance est toujours très présente. Il faut pourtant espérer une amélioration des relations entre les pays et un nouvel accord de partage des eaux du Nil. Ce n'est pas gagné. Il est pourtant indispensable d'y arriver car les besoins sont énormes pour la vie de millions de personnes...

 

P. François Boëdec, jésuite


* P. François Boëdec, jésuite, est un spécialiste des enjeux hydro politiques. Il enseigne les relations internationales à l'Institut Catholique de Paris.

 

Un voyage au long du Nil




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