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Suivre Jésus-Christ pas à pas

Jésus, un homme de discernement

Heureux celui qui est docile à l'Esprit

Selon l'Evangile de saint Marc


Signe que Jésus est un homme qui voit vraiment, qui entend vraiment, qui est présent ici et maintenant, c'est sa capacité à se laisser enseigner par ce qu'il voit et entend. C'est ce qui ressort de son enseignement : de la parabole du semeur (4,4-9), de la moisson qui mûrit (4,26-29), de la graine de moutarde (4,30-32). Toutes ces paraboles et bien d'autres montrent que Jésus sait regarder les choses les plus simples, les oiseaux qui mangent les semences au bord du chemin (4,1), le blé qui lève tout seul (4,28), la branche de figuier qui devient tendre et dit la proximité de l'été (13,28), le chant du coq au petit matin (13,35). Il sent les choses profondément et il se laisse enseigner par elles.
Dans l'évangile de Marc les termes qui disent le toucher et le sentir sont fréquents et variés : « presser de tous côtés » ; « toucher » ; « sentir en son corps » ; « avoir conscience d'une force sortie de lui ».
Sa présence aux autres et au monde nous parle de sa docilité à l'Esprit. En effet, tout au long de l'évangile de Marc, Jésus apparaît comme quelqu'un qui écoute profondément ce qu'il vit et qui dans les moments d'intimité avec son Père découvre peu à peu sa mission (1,35-38 ; 6,45-46; 8,27-31; 14,36). Un exemple significatif est situé au début du récit. Après la « journée inaugurale » à Capharnaüm, journée de guérisons et d'exorcismes, où Jésus frappe les foules et sa renommée se répand, il va sentir, dans la prière à son Père, que sa mission est d'aller ailleurs, dans les bourgs voisins. Où donc ? Ailleurs. Jésus ne sait pas à l'avance, il est docile à l'Esprit et se laisser conduire.


Prenons un exemple significatif : la rencontre avec le lépreux (1,40-45). Devant ce lépreux qui vient auprès de lui et le supplie de le purifier, Jésus est bouleversé, il est « remué jusqu'aux entrailles ». Et ce qu'il éprouve en lui devient décision : il n'hésite pas à transgresser la Loi : « il tend la main, le touche et lui dit : ‘ Je veux : soit purifié!' Aussitôt s'en va de lui la lèpre... ». Au même instant, Jésus s'irrite, et pousse l'homme à se conformer à la Loi en se présentant au prêtre et « le jette dehors... ». Jésus en fait se trouve en pleine contradiction. D'un côté il désire être fidèle à la Loi/Thora, qui interdit de toucher un lépreux, l'impur par excellence, de l'autre, le mouvement profond auquel il a consenti le pousse à s'ouvrir et accueillir la souffrance de cet homme, « exclu » par la Loi. Par cette rencontre avec le lépreux, parce qu'il s'est laissé toucher par lui, Jésus a reconnu l'action de l'Esprit et découvert que désormais sa fidélité à la Loi va s'accomplir en mettant l'être humain au centre de la Loi. C'est ce que nous montre l'évangéliste avec les épisodes suivants, les controverses qui suivent sur le sabbat : « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat ».


Dans de nombreux épisodes nous voyons la capacité de Jésus à se laisser remuer jusqu'au plus profond des entrailles. Dans ces rencontres il ne cherche pas à maîtriser ce qui vient le toucher, l'affecter. Il entend ce qui résonne en lui, les répercussions dans son affectivité des rencontres et des événements, et il reconnaît l'action de l'Esprit. Jésus est un homme de discernement, un homme attentif aux mouvements de son affectivité qui sont ouverture à la vie. Il est profondément docile à l'Esprit Saint. Il nous montre le chemin.
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