Eveiller l’aurore – résonance artistique

Samedi Saint (60x60 cm)

Vitrail crée en juin 2009 par Henri Guérin


Henri Guérin, un grand artiste mais aussi un croyant, plein d'humanité.

J'ai eu la chance de croiser Henri Guérin il y a une dizaine d'années, ceci à plusieurs reprises et je garde un souvenir très vivant de cet homme exceptionnel.

Né en 1929, il a été initié à la technique du vitrail en dalle de verre par un moine de l'abbaye d'En Calcat, dans le Tarn, à laquelle il était resté très fidèle. Pendant 50 ans, à Plaisance du Touch, prés de Toulouse, il va réaliser plus de 500 chantiers pour des églises, des édifices publics ou des demeures particulières, en France ou à l'étranger. Il a exposé ses œuvres dans de nombreux lieux : je me souviens de son exposition dans la cour de la mairie du Capitole, à Toulouse, en 2005, qui attira de très nombreux visiteurs.

Il s'est éteint, à la suite d'un rude et court combat contre la maladie, le 24 octobre 2009, à l'âge de 80 ans. Ce peintre et maître verrier est aussi par ses écrits un poète, un philosophe et un mystique, chrétien passionné. C'était aussi un ami attentionné - il a
été l'ami du chanteur toulousain Claude Nougaro -  un père de famille
proche de chacun de ses enfants et petits enfants. Homme chaleureux,
aimé et admiré, il laisse derrière lui une œuvre considérable.

Vous pouvez consulter le site géré par l'association créée par ses enfants :  www.henri-guerin.com

Claire J. Equipe AP


Ce vitrail que nous proposons à votre méditation pour ce mois de novembre est une de ses dernières œuvres qu'il a intitulé : « Samedi Saint ». Sa fille, Sophie Guérin Gasc a accepté de nous la présenter :

Le titre de cette œuvre  est bien le reflet de l’épreuve qu’Henri Guérin  traversait, et dont seule la mort a pu le délivrer.

Henri Guérin a livré un véritable combat spirituel, celui du dernier combat contre la maladie, contre la souffrance au sein duquel il portait tous ses proches, surtout les plus fragiles. Il a donné sa souffrance pour eux, nous disait-il. Pour cela, il priait - souvent il récitait le chapelet - la nuit, quand la douleur l’empêchait de dormir et le jour, pour supporter les traitements médicaux. C’est dans cette période difficile qu’il a composé ce vitrail et il en est le reflet.

Ce vitrail qu’il trouvait lui-même au départ déséquilibré, maladroit, possède une grande force par sa maladresse même. L’alternance de zones sombres et de zones claires mène peu à peu vers le centre où tout est récapitulé par la croix du Christ ; ses irrégularités sont à l’image de toute vie, du chemin unique de chaque être, avec ses chutes, ses ascensions et ses rechutes. Il y a toujours un passage possible de l’ombre à la lumière. La souffrance, l’angoisse sont là, mais l’espérance, si faible soit-elle, est bien là elle aussi.

 Henri Guérin lui a donné ce titre « Samedi-Saint », après une messe dite, dans son atelier, par deux frères de la communauté de l’Agneau venus lui donner le sacrement des malades. Au cours de cette messe est arrivé un de ses petit-fils, celui pour lequel Henri Guérin offrait ses souffrances, pour qu’il retrouve la voie de la vie …  Aunque es de noche (bien que ce soit la nuit), ce beau poème de saint Jean de la Croix  peut nous faire comprendre le sens de ce Samedi-Saint, et de l’espérance qu’il renferme malgré tout. Que la nuit peut être longue !  Qu’il faut du temps pour que se creuse en nous ce chemin vers Dieu et vers la liberté qu’il nous offre de reconnaître ! Qu’il faut du temps pour nous laisser façonner par lui !

«Que votre méditation devant ce vitrail accompagne et guide votre prière, et donne aux victimes de toute forme de dépendance « la force de changer radicalement leur vie ».

Sophie Guérin Gasc

Sophie Gasc Guérin a écrit  un livre sur son père : « L'œuvre vitrail, Henri Guérin » qui retrace les 50 ans de  création de vitraux de ce  maître verrier. Un livre magnifique, une promenade visuelle dans son œuvre vitrail.

L’œuvre vitrail, Henri Guérin
Ed Privat - 2005

 

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