| Des origines à nos jours | |||
La dévotion, le sacré et le cœur"Les révélations et le dessin du Sacré-Coeur"L'autobiographie de Marguerite-Marie retrace l'essentiel de son itinéraire spirituel. Depuis son plus jeune âge, elle s'entretenait intimement avec le Seigneur. Le jour de son engagement religieux, son expérience se précisa "Jamais je n'avais reçu une si grande grâce, vu les effets qu'elle a opérés toujours en moi depuis. Je le voyais, je le sentais proche de moi, et l'entendais beaucoup mieux que si ce fût été des sens corporels "(1). Cette expérience du Seigneur, ce " voir ", ne suscite cependant pas d'images mentales qu'elle pourrait traduire par une forme précise. Lors de sa première grande révélation elle va faire un pas de plus. Saisie par la présence eucharistique sous la forme traditionnelle de l'hostie au centre de l'ostensoir, qu'on appelle à cette époque un soleil, Marguerite-Marie repose, comme le disciple bien-aimé, sur la poitrine du Christ qui est aussi le lieu de la sainte plaie. Le Christ lui découvre alors son Sacré-Cœur "qu'il lui ouvre pour la première fois " dit-elle. "Comme une flamme ardente en forme de coeur" L'ouverture du côté dévoile donc le mystère intérieur de l'Amour qui l'habite et qui s'exprimera avec la métaphore classique du cœur. Marguerite-Marie, suivant en cela l'expérience traditionnelle de " l'échange des cœurs ", sent que le coeur du Christ lui est restitué, précise-t-elle, " comme une flamme ardente en forme de cœur ". Le sens d'abord métaphorique du mot cœur n'entraîne pas la nécessité d'une forme précise. Il la reçoit de la révélation. C'est alors seulement qu'apparaît l'expression Sacré-Cœur qui sera désormais privilégiée. Marguerite-Marie raconte qu'une autre fois, " devant le Saint Sacrement exposé " - c'est-à-dire en présence de l'ostensoir en forme de soleil - elle eut une révélation des cinq plaies, " comme cinq soleils " et " surtout de son admirable poitrine [...] et s'étant ouverte, me découvrit son cœur ". Le Cœur désigne précisément l'intérieur découvert de la plaie du côté, non pas l'organe physique invisible mais l'amour du Sauveur en personne.
Comment réaliser la mission de transmettre le message reçu, expressément renouvelée lors d'une autre révélation en 1675 ? Marguerite-Marie se le demande : " Mais je ne trouvai encore point le moyen de faire éclore la dévotion au Sacré-Cœur ". Une année où sa fête tombait un vendredi, les novices, dont elle avait alors la charge, firent la trouvaille " [...] en faisant un petit autel, sur lequel elles mirent une petite image de papier crayonnée avec une plume, auquel nous tâchâmes de rendre tous les hommages que ce Divin Cœur nous suggéra". Selon les règles d'un jeu de société très répandu à l'époque, une novice avait dessiné un emblème, c'est-à-dire un dessin stylisé associant des figures codées dont le sens, connu d'avance, permet, par leur combinaison, de faire passer un message qu'il s'agit de déchiffrer. C'est alors la première fois que Marguerite-Marie emploie, semble-t-il, le mot dévotion. L'image ainsi dessinée devient en effet le support objectif d'une dévotion qui servira à répandre le message reçu. A partir de ce moment, sa correspondance témoigne de sa hâte à faire exécuter ce dessin par un expert, pour qu'il puisse être exprimé et diffusé " pour introduire cette dévotion du Sacré-Cœur ". D'après l'article d'Adrien Demoustier,
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