Accueil Dernière minute

DERNIERE MINUTE

Intention de prière missionnaire - Les enfants et les jeunes
ALERTE PRIERE - Congo (RDC)
Collecte 2011

 

PRIER - les enfants et les jeunes


INT2-STA72124

Prions pour que les enfants et les jeunes soient des messagers de l'Evangile et pour que leur dignité soit toujours respectée et préservée de toute violence et de toute exploitation. - Benoît XVI

Prions en deux temps :

D'abord, pour que la dignité des enfants soit respectée, partout dans le monde, au plus près et au plus loin de chez nous.

Ensuite, pour qu'ils puissent venir réveiller en nous ces valeurs d'évangile qu'ils portent de façon si naturelle : la confiance, le désir de vivre, la joie ...

Pour aider notre prière, quelques témoignages à lire en les méditant, les uns très durs, les autres pleins d'une espérance qui fait renaître le sourire (voir onglets).

Mariette, Equipe AP


Aider les enfants

Voici l'éditorial du P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, pour la rubrique hebdomadaire Octava Dies du CTV:

"Qu'en sera-t-il de cet enfant? Telle est la question que posaient parents et amis à la naissance de Jean, le futur Baptiste. Une question posée à la venue au monde de tout nouvel enfant, chargée d'espérance mais aussi de crainte. Une question reproposée lors de la récente rencontre festive de Benoît XVI avec des enfants béninois, où le Pape âgé était entouré d'enfants dansant. Le document synodal que le Pape a apporté à l'Afrique reprend de manière impressionnante les traitements intolérables infligés à l'enfance, des enfants non nés assassinés aux enfants non désirés et abandonnés, des orphelins aux albinos persécutés comme sorciers, des enfants soldats ou exploités, des enfants maltraités pour un handicap physique ou mental, des enfants esclaves sexuels aux enfants vendus, tous sans avenir... L'Eglise sait qu'on doit faire quelque chose pour eux et des 125.000 institutions caritatives et sanitaires dont elle dispose de par le monde, plus de 20.000 sont au service de l'enfance malheureuse. Autant d'autres s'occupent de l'éducation ou de secourir les enfants des rues... Lors d'un récent congrès international sur la protection de l'enfance contre les abus sexuels, Mgr.Scicluna a présenté un décalogue de principes, qui a reçu un accueil unanime. Il est d'ailleurs juste de rappeler le précieux service qu'assument en la matière de nombreuses femmes, religieuses et laïques. Il s'agit d'une des formes les plus belles et utiles du service que la femme rend à l'humanité et à l'Eglise. Ces réflexions, qui sont de circonstance en cette période d'Avent et de Noël, en ce temps de l'Enfant Jésus, doivent nous pousser à rester en première ligne sur ce front".

CTV/ Vatican Information Service - 6 décembre 2011

Pour aller plus loin -  enfants :

Edito 12/2009 - L'enfance : un temps à vivre !

Vidéo - Vie et jeu avec les enfants

ZOOM CAMBODGE - La maternelle : premier pas contre l'exploitation

Le juste mot - ENFANT

Témoignage - Dire non pour aimer 

A notre porte - Regards sur des exploitations discrètes

Il en parle - Allah n'est pas obligé
Histoire d'un enfant soldat

Sur internet - des organisations servent la cause des enfants


Aller plus loin - jeunes

Témoignage : JMJ, on n'en revient pas tout à fait pareils

A notre porte : Taizé, la prière nous unit

Edito 4/2010 : Rendons l'Evangile crédible pour les jeunes

ZOOM ESPAGNE - Les jeunes vivent à l'heure de l'Europe et du monde

Sur Internet - Les jeunes et l'Evangile

 

REVUE ETUDES - Protection de l'enfance et droits de l'enfant

« Je t'en supplie... »

« Je t'en supplie, regarde moi... » Témoignages d'enfants accueillis à la Caritas Congo en association avec la Caritas italienne

LA GARDE DE SATAN
« J'étais avec ma mère et mes sœurs sur la route qui porte au puits pour aller prendre l'eau et acheter le riz. A l'improviste, les Mai-Mai ont surgi de la forêt et nous ont hurlé de nous étendre par terre sans respirer. Ils ont commencé par jouer du bout de leurs fusils avec les cheveux de ma sœur cadette, lui hurlant de cesser de sangloter... puis, ils lui ont tiré des dizaines de projectiles sur tout le corps. Ma mère les suppliait de cesser..., alors ils l'ont tuée elle aussi, d'un coup au cœur. Moi, ils m'ont prise comme cuisinière et comme esclave sexuelle. Pendant des mois, ils m'ont forcée d'aller avec 5-6 hommes par jour, parfois tous ensemble. La nuit, ils m'ordonnaient de monter la garde de Satan et de ses collaborateurs, prétendant qu'ils étaient les rois des ténèbres et que nul ne devait les détrôner. Je me suis enfuie et j'ai trouvé refuge dans cette école. On a retrouvé ma grand-mère ; aujourd'hui, je vis avec elle. Je n'ai plus eu de nouvelles de mon père et de mes frères. » »
MULASI

DOULEURS A LA RATE, CANONS DANS LES OREILLES
« On m'a séquestré avec deux amis. Ceux-ci ont été enrôlés en tant qu'espions et voleurs ; moi, j'ai été pris comme soldat parce que j'étais plus robuste. Maintenant, je souffre de douleurs à la rate et au thorax, et j'entends encore le bruit des canons dans mes oreilles, car ils m'obligeaient à porter toute la journée des armes très lourdes qui lançaient des projectiles bruyants comme des bombes... Ils m'envoyaient tirer sur tout et sur tous, sans juste raison ... Pour se procurer de la nourriture et des objets, pour détruire maisons et personnes. »
YULU

PARFOIS CINQ, PARFOIS CENT ANS
« J'ai peur d'avoir contracté des maladies sexuelles parce que j'ai toujours mal au ventre. Les Mai-Mai étaient 12 à me violer à tour de rôle. Je pensais mourir. Ils m'ont cognée si fort par terre que j'ai en partie perdu l'ouïe. Ils m'ont utilisée comme cuisinière et comme chanteuse. Depuis lors, je fais des cauchemars toutes les nuits, je me sens une nullité. Je me souviens encore de leurs poids sur moi, comme des cicatrices indélébiles, et parfois, je voudrais m'arracher la peau. Maintenant j'ai grandi et je souhaiterais encore que quelqu'un me raconte des fables pour m'endormir. Je suis grande, mais j'ai parfois l'impression d'avoir cinq ans, d'autres fois cent. J'aime tant la vie et les gens, on ne peut pas comprendre combien je les aime... Je voudrais réussir à éprouver des sensations normales comme les
autres, à arrêter le tourment inextinguible de mes souvenirs, pour commencer à faire des rêves sereins...comme eux. »
NGELIMA

* Extraits d'histoires recueillies par Paola Briganti au cours des sessions de formation sur "La communication dans les processus de détraumatisation" qui ont eu lieu du 25 au 31 juillet 2008 dans les écoles de Kindu, Katako, Basoko, Mabala et Mangobo (région de Maniema, République démocratique du Congo), au bénéfice des assistants psychosociaux et lors de la rencontre avec des enfants ex-soldats et des petites filles ex-esclaves sexuelles.

 

Te faire partager...


« Si aujourd'hui j'ai envie de t'écrire ce message c'est pour te faire partager l'immense joie, le grand bonheur qui m'habite ! »

Témoignage de Claire Boche, 16 ans, membre du MEJ France, Mai, 2010

« Si aujourd'hui j'ai envie de t'écrire ce message c'est pour te faire partager l'immense joie, le grand bonheur qui m'habite ! Du bonheur au quotidien, dans une multitude de choses, dans des petites attentions, dans des sourires, au cœur de rencontres formidables, du bonheur, oui vraiment en toutes choses ! Alors c'est ça et vraiment ça cet éclat de la Lumière du Christ qui fait changer la vie, qui fait changer son regard !

Car oui, les choses n'ont pas changé, j'en suis consciente, mon lycée est toujours le même depuis toutes ces années, mes camarades sont sans doute semblables à eux mêmes et la routine (métro-boulot-dodo) reste identique mais c'est mon regard, mon regard sur tout chose qui a changé! Le regard que je pose sur chaque personne, et la manière dont j'aborde chaque journée ! C'est une drôle d'aventure qu'il nous est donné de vivre, qu'Il nous a donné à vivre. Une aventure qui finalement m'emporte plus loin que je ne l'aurais cru...

Cette Petite Lumière de Dieu, elle habite chaque journée, elle est là, au cœur de la vie qui s'éveille! Elle était là depuis toujours, je le sais mais elle n'avait le droit qu'à mon indifférence, mon inattention! Maintenant je sais qu'elle est là, cette petite Lumière, cette présence de Dieu en toute chose, et ça change la vie. Au début ce n'est pas évident même cela parait impossible, il n'y a pas de déclic d'un coup TADAM!, tout parait plus beau... non c'est venu progressivement comme tu as pu le voir dans les mails que je t'ai envoyés.

Petit à petit, je l'ai apprivoisée cette petite Lumière, cet amour débordant, cet éclat nouveau, ce n'était pas "habituel" pour moi cette beauté qui illumine le cœur et l'esprit. Mais Dieu ne s'impose pas et oui, c'est progressivement qu'il est arrivé, sans bruit mais avec force et éclat !
Avant, Dieu et ma vie, ça faisait deux, maintenant je sais que la route de chaque jour est à ses cotés ! [...]

Depuis quelques semaines j'apprends à dire merci à Dieu. Oui, merci... Pas évident de lui dire merci quand on a l'impression que tout dérape, c'est tellement plus simple d'arriver avec son flot de demandes... mais finalement je me rends compte qu'il y a une infinité de choses dans chaque jour pour lesquelles nous pouvons remercier Dieu... »

 

Prier pour le Congo

Alerte-priere 

Prier pour le Congo RDC.

« Prions pour la paix et la réconciliation au Congo »

Des amis nous écrivent

Bukavu jeudi 15 décembre

Je vous donne quelques nouvelles récentes. Le pays est toujours calme pour le moment mais cela risque de ne pas durer. Au fur et à mesure qu'après le Centre Carter et l'épiscopat catholique de nouvelles critiques du scrutin sont exprimées, provenant de l'Union européenne et des Etats Unis, la tension monte. Certains opposants veulent une annulation du scrutin. D'autres essaient les voies légales mais n'y croient pas car ils les considèrent comme contrôlées par le pouvoir en place. Ils font appel à la communauté internationale pour une médiation, mais personne ne prend le risque pour le moment. On note qu'aucun chef d'état étranger n'a félicité le président pour sa réélection... Si celui-ci n'accepte pas de médiation, le risque est grand que la rue prenne la parole, et alors on ne pourra sans doute plus contrôler grand chose... Donc l'inquiétude remonte d'un cran. Nous lisons en ce temps de l'Avent beaucoup de textes qui parlent de paix, de justice, d'un nouveau monde... Osons l'espérance...

Bukavu, lundi 12 décembre

Pour le moment, tout est calme. Il y a eu un assassinat de deux étudiants à Bukavu la nuit dernière, mais ce n'est pas sûr que c'est en lien avec les élections. Même à Kinshasa où il y a eu peu de violence malgré tous les effets de scoop des médias étrangers. Ils voulaient absolument que nous ayons un bain de sang et des émeutes pour leurs scoops... nous avons été assez choqués ici par leurs effets d'annonce. Il y a eu six morts durant "les émeutes"... dont un partie est une bavure policière... pas pire que dans les quartiers chauds en France. Le principal opposant a demandé le calme et c'est respecté. Juppé dit que c'est explosif ici, en tant cas, pas vu de Bukavu ni d'après les contacts que nous avons là-bas, même si ce n'est pas gagné encore. L'école belge de Kinshasa a rouvert ce matin. Maintenant il faut voir ce que le contrôle des résultats va donner puisque le Centre Carter (de l'ancien président US) a dénoncé de graves irrégularités sans pour autant remettre en question le classement final.
Merci pour votre souci pour nous.

Kinshasa, ce samedi 10 décembre 2011 au soir

La nuit fut paisible pour nous. Et toute la journée s'est déroulée dans un grand silence. A partir de chez nous, je pouvais entendre le crépitement des balles, tôt le matin. Cela venait des quartiers des environs. Ayant communiqué avec des personnes se trouvant à différents coins de la ville, j'apprendrai que les partisans de l'opposition continuaient à manifester, mais étaient contrecarrés par des militaires lourdement armés. Ceux-ci ont parfois été obligés de tirer en l'air pour disperser les manifestants. On parle de quelques morts, cinq ou six...

Tshisekedi persiste et affirme qu'il est le Président de la République. Son mot d'ordre n'est pas encore donné. Que nous réserve la journée du dimanche ? Je suppose que les gens sortiront tout de même pour aller prier. Et lundi ? La situation pourrait-elle s'aggraver ? Peut-être. Mais les gens voudront aussi bien sortir pour se chercher de quoi mettre sous la dent. Car ici on vit du jour au jour, on ne sait pas faire de provisions pour plusieurs jours. On ne sait pas conserver la nourriture pour longtemps par manque de congélateurs, mais surtout par manque d'électricité. Celle-ci est de plus en plus instable, et pourtant elle faisait partie des cinq chantiers du Président Kabila. Un autre chantier en perturbation est celui de l'éducation : le programme scolaire est fort dérangé par ce climat d'insécurité. Espérons que les choses vont vite reprendre. Espérons aussi que Kabila s'intéressera davantage à tous les chantiers, et non pas seulement à celui des routes. Tout le monde est unanime : le social a été oublié ! Et une personne de me dire à partir de Kisangani : « les gens ont fort maigri, tu ne les reconnaîtrais plus... » Je l'affirme moi aussi : « le social a été oublié ». Les fonctionnaires reçoivent difficilement leur salaire de misère. Que toutes ces protestations lui servent de leçon afin d'améliorer les conditions de vie des populations. Les boutiques des chinois constituent une cible importante des manifestants. Parce que les chinois sont considérés comme des complices de Kabila dans son idéologie de « cinq chantiers ». En effet, le chantier des routes leur est confié (quelqu'un disait : allons-nous manger les routes ?). Autre explication : les chinois se sont évertués à faire du petit commerce à Kinshasa, perturbant ainsi le business de petits commerçants congolais qui avaient demandé au gouvernement d'intervenir, mais sans obtenir gain de cause. C'est maintenant donc que la population sort toute sa furie. Plusieurs boutiques des chinois ont été saccagées. Et les militaires de Kabila essaient de les protéger dans la mesure du possible. Une station d'essence aurait aussi été détruite parce que « appartenant aux français ».

Le reste de la République est assez calme. C'est à Kinshasa que tout peut se jouer. Et tout, pour le moment dépend de Mr Tshisekedi. Voyons voir !

 Kinshasa - Vendredi 9 décembre

Ca y est, Kabila est Président ! C'est entre 15 heures et 16 heures que le Président de la CENI a lu le PV des résultats du scrutin, après avoir fait attendre les invités (diplomates et journalistes) pendant plus de quatre heures. En effet, on avait annoncé la publication des résultats pour 11 heures...

Le matin les gens ont normalement vaqué à leurs occupations. Mais en fin de matinée, les rues commençaient à se vider. Chacun voulait être chez soi à l'heure de la publication. Jusqu'à l'heure de la publication, ce fut encore une journée très tendue. La lecture du PV a été précédée par celle de l'historique des élections de 2011, une sorte de bilan du travail de la CENI, avec des remerciements aux instances qui ont aidé, les pays amis, et même l'Eglise catholique du pays. Cela a duré plus d'une demi-heure.

Juste après la publication, les lignes téléphoniques étaient fort encombrées. C'est à peine qu'on pouvait faire passer un appel, ou en recevoir un. Et les réactions ? Très mitigées. A Lubumbashi c'est la fête. A Kisangani on jubile aussi. Kinshasa pense que c'est dans ces provinces qu'il y a eu plus de tricheries, qu'on aurait gonflé les chiffres. 2 millions de voix pour Kabila, avec 89 % sur la seule province du Katanga ? Kinshasa a plus voté pour Tshisekedi plutôt que pour Kabila. Ici on ne fête pas. Du moins la fête n'est pas pour tous. Les Kabilistes sont au grand hôtel ; ils festoient et la radio digital retransmet en direct. D'autres kabilistes sont dans la rue et crient victoire. Mais les non-kabilistes brûlent de pneus en signe de contestation, et la Police en arrête quelques-uns. Tshisekedi, quant à lui, vient de s'auto-proclamer Président de la République, et demande à la communauté internationale de le reconnaître. Dans certains quartiers de Kinshasa on tire ou on jette du gaz lacrymogène, pour disperser les manifestants, partisans de Tshisekedi.

Somme toute la journée se termine dans le calme. On peut même rendre grâces au Seigneur, car je m'attendais à l'embrasement immédiat de la ville. On craignait le pire. C'est possible qu'il y ait des débordements, mais ça ne trainera pas. Le pouvoir en place ainsi que les diplomates, ne veulent pas qu'il y ait de désordre.

En attendant, nous pouvons nous permettre une nuit tranquille... Merci pour vos prières ! Paix à vous !

-----------

Bukavu - Vendredi 9 décembre

Cet après-midi, nous avons eu enfin la publication des résultats provisoires (qui doivent être ratifiés par la Cour suprême de justice après vérification des contentieux. Cette cour est dite acquise au président Kabila). Comme la Commission Electorale Nationale Indépendante avait commencé à diffuser des résultats partiels pour faire baisser la pression, les résultats ne furent une surprise pour personne : le président sortant Kabila est renouvelé avec 48,9 % et son principal adversaire E. Tshisekedi n'a eu que 32,3 %. Cela ne l'a pas empêché de déclarer aussitôt qu'il se considérait comme le vrai président et qu'il en appelait à la communauté internationale (ne faisant pas confiance à la Cour suprême). Il a demandé au peuple de rester vigilant et calme en attendant qu'il donne un mot d'ordre. En attendant, des violences ont commencé à éclater à Kinshasa quadrillée par les forces de sécurité. Il est difficile ce soir d'en évaluer l'ampleur.Même s'il y a eu des fraudes (organisées par les candidats eux-mêmes) et des insuffisances réelles dans l'organisation (mais dans un pays qui fait 4 fois et demi la France...sans réseau routier), on peut considérer que les résultats sont globalement crédibles. Cela pourra être vérifié car un CD rom a été remis avec les résultats des 60.000 bureaux de vote (ce qui explique en partie le report de 3 jours).

----------

La Conférence des évêques de la République démocratique du Congo prend ses distances avec la façon dont des partisans de l'actuel président manipulent les observations qu'elle a réalisées sur le terrain pendant le scrutin présidentiel de dimanche. Voir l'article de LA VIE

 

Kinshasa, ce mercredi 07 décembre 2011 au soir...

Hier mardi, au soir, tout le monde attendait impatiemment la proclamation du candidat président gagnant... Mais c'est tard dans la nuit qu'on apprendra qu'il faudrait encore attendre 48 heures. Parce que, de plus en plus, on exige que les résultats proclamés soient accompagnés des Procès verbaux des bureaux de vote.

Quel calme dans la ville ! Je ne suis pas sorti mais j'ai communiqué avec diverses personnes habitant dans divers coins de la ville. Le scenario est le même : pas de circulation... les magasins n'ont pas ouvert, sauf les banques, mais qui n'ont pas eu de client.

Demain, je vais quand même me risquer pour aller en ville, déposer du courrier, et sentir la tension psychologique et sociale. Je pense que pendant la journée les gens vont sortir pour faire des provisions, et attendre la publication des résultats le soir, avec ses conséquences.

Oui, des conséquences, il y en aura bien, dans un sens comme dans l'autre. En dehors du pays, je pensais que la victoire de Kabila était une évidence, vue la manière dont sa campagne a été menée. Mais ce n'est pas le cas pour l'opinion publique de Kinshasa, qui a massivement voté pour Tshisekedi, entend-on dire. Pas tellement par amour pour cet opposant, mais pour le besoin de l'alternance. Quant à Kabila, il semble qu'il a fait partir sa famille en dehors du pays. On pense qu'il est très surpris par toutes ces contestations, surtout à l'étranger. Certains affirment même qu'il serait prêt à lâcher s'il échouait. Il se sent un peu déçu par ceux qui lui ont fait croire que tout allait bien, ses proches collaborateurs.

Il est vrai aussi que notre politique se joue beaucoup à l'étranger. La France et les USA seraient pour Kabila. Mais les manifestations des congolais de la diaspora pourraient avoir un impact sur la communauté internationale et sa manière de voir la politique au Congo.

Il faudrait aussi redouter les réactions dans les provinces après la proclamation des résultats. On risque de connaître le morcellement du pays. On va donc dormir ce soir, comme on s'est réveillé : dans un grand silence... apocalyptique, qui pèse sur Kinshasa. J'ai entendu quelqu'un s'exclamer :

A quand le début de la guerre ? Elle traîne à commencer, qu'elle commence vite. Et oui, même là il y a de l'impatience !

Il serait fort étonnant qu'il n'y ait pas de guerre après la proclamation. A bientôt, aussi longtemps qu'il y a l'internet !
En union de prière!

 

Mercredi 7 décembre - La publication des résultats provisoires des élections est reportée car tous les procès-verbaux des résultats ne sont pas arrivés à Kinshasa. Ce serait aussi pour des raisons de plus grande transparence, est-il dit. Tout le monde attend donc. Il fait calme presque partout au Congo dans cette attente.

 

Bukavu - Mardi 6 décembre - Suite aux élections la tension est palpable. La conférence épiscopale du Congo compare le pays à un train à grande vitesse entrant dans un mur sans que personne ne tienne les freins. Plus de 3000 personnes ont fui Kinshasa en traversant le fleuve vers Brazzaville. Les blindés des casques bleus ont pris position pour sécuriser certains lieux. Ce soir c'est la proclamation officielle à Kinshasa. Que se passera-t-il ? Le président sortant serait gagnant... Il y a une forte pression internationale sur les candidats afin qu'ils évitent de pousser leurs partisans à la violence. On a commencé depuis quelques jours à publier les résultats partiels et tous les partis d'opposition sont furieux.

Ils en veulent à l'Eglise qui, bien qu'elle ait déployé 30000 observateurs, ne donnera pas ses propres résultats. Cependant, la publication par la commission électorale de résultats au compte-goutte va peut-être limiter le risque d'explosion généralisée au moment de la publication finale qui ne sera plus une surprise. Les opérateurs téléphoniques ont été obligés d'arrêter tous les SMS depuis deux jours. Mais le téléphone fonctionne pour l'instant ainsi que l'Internet.

Le tension monte. Cela peut être grave à Kinshasa et dans plusieurs provinces. On reste vigilants et inquiets. Merci de prier pour nous.


 


"Ne privez pas vos peuples de l'espérance" - Benoît XVI


Au Bénin le Pape rappelle les hommes politiques à leurs responsabilités. Extrait.

"Ces derniers mois, de nombreux peuples ont manifesté leur désir de liberté, leur besoin de sécurité matérielle, et leur volonté de vivre harmonieusement dans la différence des ethnies et des religions. Un nouvel Etat est même né sur votre continent. Nombreux ont été également les conflits engendrés par l'aveuglement de l'homme, par sa volonté de puissance et par des intérêts politico-économiques qui font fi de la dignité des personnes ou de celle de la nature (...) En ce moment, il y a trop de scandales et d'injustices, trop de corruption et d'avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent  à la misère et à la mort. Ces maux affligent certes votre continent, mais également le reste du monde. Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. Nous savons qu'aucun régime politique humain n'est idéal, qu'aucun choix économique n'est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun. Nous nous trouvons donc en face d'une revendication légitime qui touche tous les pays, pour plus de dignité, et surtout pour plus d'humanité (...)

De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l'espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités et, si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accorder la sagesse ! Cette sagesse vous fera comprendre qu'etant les promoteurs de l'avenir de vos peuples, il faut devenir de vrais serviteurs de l'espérance. Il n'est pas facile de vivre la condition de serviteur, de rester intègre parmi les courants d'opinion et les intérêts puissants. Le pouvoir, quel qu'il soit, aveugle avec facilité, surtout lorsque sont en jeu des intérêts privés, familiaux, ethniques ou religieux. Dieu seul purifie les coeurs et les intentions.

L'Eglise n'apporte aucune solution technique et n'impose aucune solution politique. Elle répète : n'ayez pas peur ! L'humanité n'est pas seule face aux défis du monde. Dieu est présent. C'est là un message d'espérance, une espérance génératrice d'énergie, qui stimule l'intelligence et donne à la volonté tout son dynamisme. Un ancien archevêque de Toulouse, le cardinal Saliège disait : 'Espèrer, ce n'est pas abandonner; c'est redoubler d'activité'. L'Eglise accompagne l'Etat dans sa mission; elle veut être comme l'âme de ce corps en lui indiquant inlassablement l'essentiel : Dieu et l'homme. (...)

Le désespoir est individualiste. L'espérance est communion. N'est-ce pas là une voie splendide qui nous est proposée ? J'y invite tous les responsables politiques, économiques, ainsi que le monde universitaire et celui de la culture. Soyez, vous aussi, des semeurs d'espérance !"

Pour aller plus loin

BLOG - Bernard Ugeux - Elections à Bukavu (R.D. Congo) : dignité et sens des responsabilités des Congolais. Lire l'article

Témoignage CONGO : « L'étranger est peut-être ce futur ami dont je n'ai pas encore fait la connaissance. » - Lire

CONGO (RDC) - voir

 

NOUS AIDER

Collecte 2011 - Je soutiens l'Apostolat de la Prière

DONS

Nous avons besoin de vous ! 1 € par semaine est-ce possible ?
(52 € par an)

Deux raisons de donner :

- Permettre l'annonce de l'Evangile et la diffusion des intentions de prière du Pape sur internet.

- Continuer à bénéficier de ce magazine gratuit. Pensons que beaucoup ne peuvent pas donner.

MERCI !

Ce magazine internet a maintenant 2 an d'existence. La Compagnie de Jésus, à qui le Saint-Siège confie l'Apostolat de la Prière, a soutenu financièrement le lancement de ce magazine internet, et continue à le soutenir, mais nous devons rapidement trouver d'autres sources de financement. Par votre soutien financier vous nous permettez de poursuivre.

Nous avons de nombreux frais pour cette mission : 23 collaborateurs sont bénévoles, mais nous avons aussi deux salariés + un webdesigner. Ce site web est entièrement gratuit. Si vous l'aimez, merci de nous soutenir, même la menue monnaie de la veuve (Evangile selon Marc, 12,42) sera la bienvenue - qui au taux de change doit correspondre à 1euro :-) 

Vous pouvez adresser tout don à :

Chèque à l'ordre de : Christ, source de vie
« Christ, source de vie » est la structure juridique de l'Apostolat de la Prière.

Adresse postale :
Apostolat de la Prière
9 rue Monplaisir
31500 Toulouse

Christ, source de vie - CCP 2668 84H Toulouse

 

Pour faire un don à l'Apostolat de la Prière, merci d'indiquer le montant de votre don (inscrire la somme sans décimales - exemple : 5 ou 10 ou 20...), de choisir la devise (exemple : euros) puis de cliquer sur le bouton "Faire un don".
Vous serez alors redirigés sur le site de Paypal afin d'effectuer cette transaction de manière sécurisée.

 

 

 

Partager
Facebook Twitter
Imprimer     Envoyer à un ami