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DIRE UNE PAROLE QUI FASSE VIVRE - En trente années de sacerdoce, devenir toujours plus : ami de DIEU, ami des hommes, toujours plus uni au Christ ? Bruno*, curé de paroisse, a bien voulu nous donner de son temps pour chercher à communiquer les réponses qu'il trouve, les combats qu'il mène. Un témoignage très personnel, plein de douceur et de simplicité, où le prêtre se montre sans fard. Dire une parole qui fasse vivre
« Mes années de sacerdoce m'ont appris combien les gens autour de nous souffrent beaucoup plus qu'on ne l'imagine. Ceux qui viennent me trouver me disent très vite ce qui les fait vivre, et ce qui les fait souffrir. Ils attendent du prêtre une parole qui les fasse vivre. Ce ministère de consolation, comment l'exercer quand on a une vie surchargée ? D'abord, en essayant de ne pas attendre un mois pour donner un rendez vous, ça me demande de me libérer de certaines contraintes pastorales. Le prêtre n'est pas là pour faire, mais pour être.
Vous savez, je n'ai aucune des dispositions naturelles pour être prêtre. Par tempérament je suis réservé, solitaire. Parler en public est une souffrance hebdomadaire. De même pour parler aux enfants, humainement c'est difficile pour moi. Mais je n'ai pas le choix, je le fais. Ensuite les parents me disent combien leurs enfants m'apprécient. Je sais qu'Il est toujours présent. Ce n'est pas une sensation, c'est une certitude
Mon soutien ? C'est le Christ (rire). J'ai une conviction dont je n'ai jamais douté : être là où il m'appelle. Je sais qu'il est toujours présent. Ce n'est pas une sensation, mais une certitude. La foi, cadeau reçu. Mes combats sont les mêmes que ceux de tout baptisé. La fidélité à la prière par exemple, un combat qui n'est jamais gagné. J'envie presque ceux qui me disent : « Si je ne commence pas ma journée en priant, ça ne va pas ». Prier pour moi n'est pas de l'ordre du besoin, c'est gratuit. Je prie parce que Jésus l'a demandé : Priez sans cesse. Mes combats sont les mêmes que ceux de tout baptisé
Un autre combat pour moi est de ne pas renoncer à évangéliser. Quand une famille demande des obsèques et ne se préoccupe que de la musique, quand de futurs mariés ne s'intéressent qu'au décorum de la cérémonie, qu'ils ne veulent même pas choisir la lecture. Parfois je renonce, je n'insiste pas. Je ne suis pas découragé, non, mais fatigué, je ne sais plus quoi faire, quel angle d'attaque prendre.
On met la barre très haut pour les prêtres, on me demande de savoir tout faire : enseigner, les adultes, les enfants, prêcher, consoler, visiter les malades. Ce qui me nourrit, me détend complètement, c'est la lecture. Après une réunion fatigante, je lis une revue, un essai théologique. Et ce qui me fait tenir, c'est ma famille. Elle est nombreuse, solide, proche. Les amis, j'en ai aussi, mais la vie nous disperse beaucoup. J'admire les prêtres qui partent loin de leur famille ou de leur pays ; sans ma famille, je n'aurais pas la force de faire ce que j'ai à faire comme curé : rassembler une communauté, et l'ouvrir à l'Église universelle, et au monde. » Bruno*, prêtre du diocèse de Toulouse
« Priez pour que je continue à annoncer l'Évangile avec assurance, que cet Évangile devienne ma vie, et devienne la vie de ceux auxquels je suis envoyé ».
* par souci de discrétion, le prénom a été modifié
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