Archives
| Témoignage | |||
|
CATHOLIQUE A PONDICHERY
Catholique à Pondichéry : prendre du temps pour DieuMarc Darmaligam vit en France avec sa femme et ses enfants depuis plus de dix ans. Quand il nous reçoit chez lui, sa belle-mère est en visite, arrivée d'Inde pour quelques mois. Ensemble ils témoignent avec vivacité de cette foi catholique qu'ils observent, chez eux et dans leur pays d'accueil. « En France, commence Marc, on va toujours vite. Mes collègues de travail me disent : Marc, comment trouves-tu le temps d'aller à la messe le dimanche ? Ils pensent que c'est du temps perdu. Dans mon enfance, ma mère nous emmenait à la messe tous les jours dans une église différente, selon le saint qu'on priait ». Pratique dépassée ? « Non, pas du tout. Quand je retourne en vacances, je vois qu'il y a bien plus de monde encore. Le dimanche dans ma paroisse, la première messe est à 5h du matin, puis à 7h et 9h ; et le soir à 17h30. Pour Pâques, la foule déborde sur le parvis, c'est même trop de monde je trouve ». Tous les trois racontent alors les processions, les dévotions : « Les processions emplissent toute la ville et s'arrêtent devant chaque maison. Tout le monde sort sur le pas de sa porte avec une bougie s'il est catholique. Mais ma voisine, qui est bouddhiste, sort avec une assiette de fleurs ; dans mon quartier il y autant de chrétiens que d'hindous ou de musulmans. On fait des dons pour toutes les processions, car à chaque fois c'est toute la communauté de la ville qui est en fête non ? ». En dehors des temps de célébrations, des groupes de laïcs s'organisent pour la visite des malades et des plus pauvres, pour lesquels le prêtre passe de maison en maison demander une aumône. Les catholiques avec une bougie,
Ici, dans ce quartier, en France, s'étonne la grand-mère, l'église est ouverte mais personne ne vient prier. Chez elle, chacun cherche à passer un petit temps de recueillement à l'église sur le chemin du travail, ou pour la pause de midi. « Ici, confirment Marc et sa femme Marie Florina, on a tout le confort, on n'a pas le temps de penser à Dieu. Les enfants sont très pris : la télévision, les devoirs, Internet. Ils sont toujours occupés ». Puis il ajoute en riant : « Enfin, à Pondichéry aussi, il y a Internet ! ». Prier ? entre Internet et la TV ?
Les enfants de Marc et Florina jouent sagement dans la pièce à côté pendant que nous parlons. Sur l'étagère du salon est installé un petit oratoire. Nous évoquons alors la prière en famille. « Elle est plutôt rare au quotidien, à Pondichéry. Mais présente : par exemple dans de nombreuses familles, tous les ans, le prêtre vient pour une bénédiction de la représentation du Sacré Cœur », un grand moment de fête familiale. « En France, vous êtes moins nombreux à la messe, conclut la grand-mère. Mais les chants sont plus doux. A Pondichéry, on vient avec ses plus beaux vêtements, il y a beaucoup de mouvement et de bruit. Ici, j'ai du silence, je peux prier facilement ». Et Marie Florina acquiesce en souriant. Mariette, Equipe AP
Pondichéry agglomération de 700 000h sur la côte SE de l'Inde.
|