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Témoignage

A L'HORIZON DE TOUTE RECHERCHE VRAIE. Guillaume est physicien chercheur. Marié, jeune père de famille, il s'interroge devant nous : la démarche du chercheur conduit-elle vers Dieu ? Sa foi personnelle peut-elle être en cohérence avec son travail dans son équipe de recherche ?


A l'horizon de toute recherche vraie

« Avoir la passion de la recherche, c'est vouloir augmenter la connaissance qu'on peut avoir du monde et de ses principes », déclare Guillaume, physicien. « Le risque, c'est de se croire créateur de ce qu'on découvre.

Le risque, c'est de se croire
créateur de ce qu'on découvre

Au sortir de mes études, je me suis moi-même laissé prendre à cette sensation de toute puissance : plus j'apprenais, plus je pensais maîtriser. Et puis... on s'aperçoit qu'en fait on ne réduit pas le domaine de l'inconnu, au contraire, on l'amplifie.

J'ai eu vite l'impression que j'en savais de moins en moins, que ce qui comptait, c'était toujours la question suivante, celle qui surgissait. C'est la même chose dans la découverte d'un être humain : plus on l'approche, plus on le découvre, moins on a de certitudes sur lui. Une personne, intérieurement, c'est infini. Or découvrir l'autre, c'est une définition de l'amour.


TEM-AGLERA-Dalbera


La recherche scientifique, quand elle est sincère avec elle-même, ne peut mener qu'à un mystère toujours plus grand, à un regard toujours plus étonné sur le monde : l'homme ne peut tout maîtriser, l'homme n'est pas le créateur. J'ai en mémoire le souvenir de nuits vertigineuses où je m'évadais comme dans un gouffre, dans la perception du mystère de la création, de sa complexité. Ou plutôt de sa simplicité. Car je perçois de plus en plus qu'il n'y a de solution viable à toute recherche que dans une certaine simplicité. Les grands scientifiques sont ceux qui ont su se poser les questions justes et simples.Les grands scientifiques sont ceux qui ont su
se poser les questions justes et simples 
J'ai vécu cela aussi dans ma foi, je cherchais une réponse, une compréhension absolue à la question du sens : or la réponse est simple. Il suffit de se laisser porter, d'accepter ce qui est.


Un autre point de rencontre de la foi et de la recherche, c'est la nécessité d'aller vers l'autre. Aujourd'hui, dans la recherche, celui qui reste seul n'avance pas. Plus je progresse, mieux je vois avec qui je dois travailler et pourquoi. Et mon désir de rencontrer l'autre participe toujours davantage de ma passion pour la recherche. Or ma foi me dit la même chose : aller vers l'autre pour le rencontrer et l'aimer.
Mon désir de rencontrer l'autre
participe toujours davantage
de ma passion pour la recherche
On ne peut pas progresser dans le domaine des découvertes techniques et régresser dans celui des sciences humaines. La vérité ne peut être vraie pour l'un, fausse pour l'autre. Si elle est, elle est universelle. Elle mène nécessairement à une humanité plus fraternelle.


Pour clore l'entretien, Guillaume reprend ce court extrait de l'encyclique du pape Benoît XVI (Caritas in veritate 74) :
« Attirée par l'agir technique pur, la raison sans la foi est destinée à se perdre dans l'illusion de la toute-puissance. La foi, sans la raison, risque de devenir étrangère à la vie concrète des personnes »

 

 


 

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