Accueil Défis Il / elle en parle Il en parle...JANVIER 12 - Médecins Sans frontières
Il / elle en parle

AGIR A TOUT PRIX ? - Publié pour les 40 ans de Médecins Sans frontières, cet ouvrage collectif rappelle que la liberté d'action des ONG est le fruit d'un compromis entre leurs intérêts propres et ceux des pouvoirs en place.
Petit tour du monde de l'humanitaire... !


ILENPARLE

Agir à tout prix ?
Négociations humanitaires :
L'expérience de Médecins sans frontières
Edition La Découverte

 

 

 

 

Si la majorité des interventions de MSF ont lieu dans des zones de conflits armés, les catastrophes humanitaires comptent parmi les événements à l'origine de l'association (tremblements de terre au Pérou et au Pakistan oriental en 1970). Quelques interventions récentes sont analysées : tremblement de terre au Cachemire en 2005 et en Haïti en 2010, tsunami de 2004 en Indonésie. Autant de cas concrets qui permettent de battre en brèche quelques idées toutes faites :

Extraits :

Sans nous ils ne peuvent rien !
« L'essentiel de l'aide d'urgence y compris la recherche de survivants dans les décombres, la fourniture d'abris et de vivres est toujours assurée par le voisinage et les organisations locales en situation de catastrophes, d'où qu'elles viennent. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la sidération mais l'activisme solidaire, que l'on observe, du moins au cours des premières semaines. (...) D'une manière générale, l'armée est la mieux placée et la mieux équipée pour une réponse urgente et, sauf exception, bien accueillie par les populations. Il n'y a donc pas de raisons de s'en démarquer activement. » (p.296-297)

 Catastrophe naturelle, une situation de guerre !
Pour les médecins comme pour les observateurs, le modèle de la guerre semble s'imposer comme grille de lecture : « Pendant les deux jours suivants, nous avons pratiqué une médecine de champs de bataille. Les amputations furent nombreuses, probablement en excès, et les interventions conservatrices visant à sauver les membres blessés de qualité médiocre.» Et pourtant, « en dépit d'une représentation par l'image très proche, ces situations s'opposent frontalement. L'espace et le temps des catastrophes se caractérisent par une concentration en un lieu et un moment très limités, tandis que les conflits armés se déploient dans un temps et un espace très étiré. » (p.298)

Catastrophe « naturelle » ?
« Une catastrophe n'a de naturelle que sa cause, mais ses conséquences relèvent de décisions humaines, telles la localisation et la qualité des constructions dans les zones à risque. Autrement dit, le facteur politique ne perd pas ses droits dans les catastrophes naturelles, pas plus du côté de leur survenue que dans le traitement de leurs conséquences. » (p. 294)


D'une lecture parfois ardue, cet ouvrage a le mérite de montrer la complexité de la question, entre représentations mentales et réalités de terrain, compassion et pragmatisme. Un équilibre que nous sommes tous appelés à rechercher, chaque fois que nous sommes confrontés à de telles situations par les images et les informations... ou la réalité.

Claire R, Equipe AP

 

 

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