Accueil Défis Il / elle en parle Il en parle... MAI 10 - 38 ans, célibataire et curé de campagne
Il / elle en parle

38 ANS , CELIBATAIRE ET CURE DE CAMPAGNE de Pietro de Paoli. Itinéraire d'un prêtre plein d'humanité et qui ne mâche pas ses mots


38 ANS , CELIBATAIRE ET CURE DE CAMPAGNE de Pietro de Paoli.

Mystérieux, l'auteur ne révèle pas vraiment son identité, mais on comprend dans son œuvre que cet étonnant anonyme connaît bien l'Eglise et ses rouages (1). Son anonymat peut agacer, l'image du Pape dans son livre « La Confession de Castel Gandolfo » peut paraître forcée sinon déplacée, cependant sa réflexion est toujours éclairante et profitable.

Ici, il s'est glissé avec réalisme dans la peau d'un curé de campagne plein d'humanité et qui ne mâche pas ses mots.

Enthousiasmé, fatigué parfois, créatif et authentique...

 

 

Enthousiasmé par sa mission, fatigué parfois, créatif et authentique, parfois découragé, il nous permet de vivre de l'intérieur un itinéraire particulier : celui d'un homme, prêtre, que le message de l'Evangile pousse chaque jour vers les autres, pour éveiller et soutenir leur foi. Une lecture facile et joyeuse, sans prétention dogmatique, mais touchante.

 


EXTRAITS (p. 34 et 288)

ILEN-Pietro-de-Paoli-Cure

Un curé « vroum vroum »

« Trois ans donc que je parcours ce petit territoire de France profonde et ordinaire qui est ma paroisse. La première année, je n'ai rien changé à l'organisation de l'ancien curé. J'ai pris mes marques. Quand je me suis rendu compte qu'il me fallait faire près de cent kilomètre par jour pour honorer toutes les obligations qu'il s'était fixées, j'ai compris que je courais (un) risque (...) J'étais devenu un curé « vroum-vroum ».

Ma bagnole était ma sacristie

 



Ma bagnole était ma sacristie, mon presbytère - c'était là qu'il fallait que je réfléchisse, que je prie, que je téléphone, et même que je prenne des notes pour le sermon du dimanche suivant.
J'ai dit stop.

Puisque tous ou presque ont une voiture, ce seraient eux qui allaient s'en servir. Désormais je ne me déplacerais que pour les urgences, comme le médecin. (...) J'ai une maison, j'y habite, et donc, on m'y trouve (...) Petit à petit, l'habitude s'est prise ; le curé est au presbytère, on peut passer le voir. ... »

Chemin de croix automobile

Pour Pâques, « j'ai obtenu qu'on allume le feu devant l'église, un brasier, pas un feu de cagettes au fond d'une vieille marmite comme c'était le cas avant mon arrivée. (...)
Mais, dans l'église, nous ne sommes guère plus nombreux qu'un dimanche ordinaire. C'est long, c'est tard, disent les gens. Les familles ne veulent pas faire veiller les enfants. Comment peut-on dormir une nuit pareille ? Que les enfants s'endorment ou courent dans l'église, que m'importe !

Cette nuit est à tout le monde, c'est la nuit de la vie, la nuit de la résurrection, la nuit qui nous fait chrétiens.

Cette année, j'ai quand même obtenu qu'après la célébration, on puisse partager ensemble un verre et quelques gâteaux.
‘Du chocolat chaud ? ‘, m'ont demandé les braves dames.
‘ Du vin, et du bon, c'est une nuit d'ivresse ‘, ai-je répondu. J'ai bien peur de les avoir scandalisées ! Serai-je le seul à m'enivrer ?

Chaque année je cherche ce que je pourrais faire pour faire voir, faire savoir que c'est Pâques.
Pour l'année prochaine, c'est décidé. Nous ferons un chemin de croix automobile (entre les quinze clochers de ma paroisse). »


(1) Pietro de Paoli, « Vatican 2035 » Plon 2005

35 ans, célibatiaire et curé de campagne
Pietro di Paoli
Plon 2006 - 14 €

Mariette, Equipe AP

COUP DE COEUR


ILEN-Livre-Rouet

J'aimerais vous DIRE
Albert Rouet
Entretien avec Dennis Gira
Bayard 2009 - 346 p.

« Le Christ ne nous a pas demandé d'être nombreux, il nous a demandé d'avoir du goût » (p37)

« Une des tâches fondamentales devant laquelle se trouve l'Eglise aujourd'hui, demande donc de repenser sa manière de faire, sa manière de se présenter et, par conséquent, sa manière d'être. Quand on compare ce que nous vivons à ce qu'a connu l'époque fondatrice, on se trouve devant un autre univers culturel. Mais cet autre univers révèle des nouveautés utiles. Prenez l'univers de la synagogue, avec son responsable, l'archi-synagogos dont parle saint Luc, et les dix anciens au minimum : voilà le système que Paul reprend pour organiser les communautés chrétiennes. Dans la synagogue, on discute, on parle. C'est tellement vrai qu'à l'arrivée de Jésus à Nazareth, on lui passe le Livre en disant : « Lis-le et fais le commentaire ». Quand Paul arrive à Antioche de Pisidie, on lui dit : « Frère, as-tu quelque chose à dire ? » Lorsqu'un étranger se présentait dans une synagogue, on lui donnait la parole. Les décisions étaient prises collectivement. Aujourd'hui quand un étranger arrive dans une église, s'il trouve une place au fond, tant mieux, mais on ne lui demandera même pas de faire la lecture : on ne sait pas s'il sait lire correctement en français...
Cette culture du dialogue, du débat, de la parole échangée comme signe de fraternité, passe après l'organisation territoriale et la structure, mais malheureusement elle n'est plus fondamentale. (p.211)



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