| Il / elle en parle | |||
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ALLAH N'EST PAS OBLIGE. Dans un langage savoureux , Ahmadou Kourouma, auteur ivoirien, nous conte une histoire d'enfant-soldat : tragique, terrifiante, souvent tendre... mais jamais désespérée. Allah n'est pas obligéDes millions d'enfants manipulés Derrière le destin de cet enfant, enrôlé successivement dans les différentes factions rivales qui s'affrontèrent dans le Libéria des années 80, se dessine celui de millions d'enfants manipulés et sacrifiés dans beaucoup de conflits qui déchirent les peuples en Afrique ou en Asie aujourd'hui. Extraits :
Tuer pour ne pas être tué ! Voilà ce que vit Birahima : « Avant de débarquer au Libéria, j'étais un enfant sans peur ni reproche. Je dormais partout, chapardais partout pour manger. Grand-Mère me cherchait des jours et des jours : c'est ce qu'on appelle un enfant de la rue. » Parti vers le Libéria à la recherche de sa tante, il tombe dans une embuscade : « On voit un 4x4 sortir de la brousse avec des feuilles pour camoufler. Un 4x4 avec à son bord plein d'enfants-soldats. Des gosses hauts comme ça... hauts comme un stick d'officier . » Des enfants-soldats faisant les faro avec des kalach « Des kalachnikovs en bandoulière. Tous en tenue de parachutiste. Des tenues de parachutistes trop larges, trop longues pour eux, des tenues de parachutistes qui leur descendent jusqu'aux genoux, des tenues de parachutistes dans lesquelles ça flotte. Le plus marrant c'est que, parmi ces enfants-soldats, il y a des filles, oui des vraies filles qui ont le kalach, qui font le faro avec le kalach. Elles ne sont pas nombreuses. C'est les plus cruelles. » Pas d'autre choix « Je rejoignis la caserne des enfants-soldats. On me donna une vieille tenue de parachutiste d'un adulte. C'était trop grand pour moi. Je flottais là-dedans. Le Colonel Papa le bon lui-même, au cours d'une cérémonie solennelle me donna un kalach et me nomma lieutenant. Les enfants-soldats, on nous nommait à des grades pour nous gonfler(bulle). On était capitaine, commandant, colonel. Mon arme était un vieux kalach. Le colonel m'apprit lui-même le maniement de l'arme. C'était facile, il suffisait d'appuyer sur la détente et ça faisait tralala... Et ça tuait, ça tuait ; les vivants tombaient comme des mouches. » Extraits de textes p : 11, 52, et 71 (édition de poche)
« Allah n'est pas obligé »
Ahmadou Kourouma Ed. du Seuil 2000
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