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Des chrétiens persécutés, et alors ?

Tunisie, Egypte, Yémen, Bahreïn, Libye... un souffle de liberté et d'aspiration démocratique parcourt l'Afrique du Nord et le Proche Orient. Je me réjouis et j'espère que toutes ces souffrances ne seront pas vaines mais qu'un temps nouveau est en train de naître. Je souhaite que ce désir de liberté soit le signe d'un changement profond des sociétés musulmanes, à tel point que le respect pour chacun de pratiquer la religion de son choix et en particulier pour les chrétiens, devienne une réalité.


Vous trouverez ici le 10 mars la vidéo des intentions de prière du mois.
Le dessin de mars : Défi du mois


Ces derniers mois ont mis en lumière la persécution des chrétiens (1), silencieuse et invisible dans de nombreux pays du monde. Des formes d'oppression qui vont de la discrimination sociale jusqu'à la prison, la torture et la mort. Comment oublier l'attaque contre la cathédrale syrienne-catholique de Bagdad ou l'attentat contre l'église copte d'Alexandrie ? Et pourtant...

- Les communautés chrétiennes s'engagent au service de la réconciliation et de la paix au Sri Lanka, en Corée, et sur d'autres terres asiatiques.
- Elles sont au service de la justice sur le continent africain, en Amérique Latine, ou en Inde. Elles appellent à l'espérance et au respect de l'étranger en Europe.
- Elles annoncent partout l'Evangile.

A la suite de Jésus dans sa Passion les chrétiens pourraient dire : « Si nous avons fait quelque chose de mal, montrez en quoi, mais si nous faisons le bien, pourquoi nous persécutez-vous ? »

La persécution est liée parfois à la situation de minorités ethno-religieuses, ou à l'extrémisme religieux, comme en Inde, ou à des contextes politiques. Au Proche Orient, les chrétiens présents depuis deux millénaires, « symboles des occidentaux » - pour certains - subissent les conséquences des conflits en Afghanistan, en Irak, et même du problème palestinien qui semble sans issue.

Quoi qu'il en soit, bien qu'en France il y ait parfois un silence gêné, je pense que nous devons, comme chrétiens, nous mobiliser par la prière et par l'action.

Je me sens solidaire de tout être humain bafoué dans sa dignité, persécuté et maltraité pour ses croyances, ou du fait de sa pratique religieuse. Comment pourrais-je donc rester indifférent aux souffrances de ces hommes et de ces femmes membres de la même communauté chrétienne universelle, ayant mis, comme moi, leur espérance en Jésus-Christ.

Cette solidarité avec eux me renvoie à ma propre fidélité au Christ. Je sens aussi en moi une certaine impuissance : que faire sinon chercher à sensibiliser mon entourage, soutenir des associations, comme par exemple « Aide à l'Eglise en détresse », et bien sûr prier ? La prière a une fécondité que nous, cartésiens, avons du mal à imaginer.

Relisons attentivement ces mots si profonds de Benoît XVI :

« En tant que croyants, nous sommes convaincus que la prière est une vraie force, qui ouvre le monde à Dieu. Nous sommes convaincus que Dieu écoute et peut agir dans l'histoire. Je pense que si des millions de croyants, prient, cela influe sur le progrès de la paix ». - Benoît XVI

P. Frédéric Fornos, jésuite

 

(1) « En Occident, les chrétiens - et surtout le christianisme comme doctrine et message de salut - peuvent connaître le mépris et la calomnie ; ils ne sont pas persécutés au sens où ils seraient victimes, collectivement, de la part d'autres groupes ou de la puissance étatique, de stratégies publiques et systématiques de harcèlement physique, psychologique, politique ou moral visant à leur isolement, à leur emprisonnement, à la torture, voire à leur exécution physique ». Paul Valadier, Une éthique chrétienne pour temps de persécution, Actes du colloque « Minorités chrétiennes menacées. Comprendre et réagir » Institut Catholique de Paris 2001




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