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Itinérance franciscaine


La "mission" de décembre 2008 Fioretto

La "mission" de décembre 2008

Conformément aux décisions prises dans les derniers chapitres Provinciaux de 2008 concernant le Projet inter-provincial d'évangélisation, cinq frères franciscains se sont retrouvés à Brive du 28 décembre 2008 au 4 janvier 2009 pour une semaine d'itinérance « à partir d'un enracinement dans une fraternité ».

Chaque jour les membres de la communauté de Brive disponibles venaient nous rejoindre pour partager la prière des Laudes et des Vêpres dans l'église du secteur qui nous avait été désignée par l'évêque du diocèse, en accord avec le curé de la paroisse concernée. Celui-ci, Burkinabé, était tout heureux de faire profiter sa communauté paroissiale de cette cellule priante et missionnaire, et tous ceux qui le voulaient, pouvaient s'adjoindre à nous pour la prière. Une petite communauté de sœurs de la Sainte Famille, très bien insérée, voyait en notre présence un appui et nous a indiqué des personnes en marge de l'Eglise désireuses de nous rencontrer.

La « mission » itinérante en habit a été commencée et close au cours de la célébration eucharistique de la communauté paroissiale où nous avons été envoyés. Globalement, ce fut une réussite : généralement nous avons été bien accueillis par des familles souvent plus ou moins en marge de l'Eglise (croyantes mais non pratiquantes, ou pratiquantes exceptionnellement), heureuses de nous confier comme intention de prière les drames qu'elles traversent (santé, deuils, chômage, séparations familiales, solitude, etc.). La période des fêtes de Noël et du Nouvel An est bien souvent un moment où remontent à la surface les souffrances vécues.


Fioretto vécu lors de l'itinérance briviste.

Un midi, tandis que nous étions envoyés à la quête, non loin du couvent, nous nous apprêtions à frapper à la porte d'une maisonnette située en haut d'un escalier. Nous n'avions pas eu le temps d'accéder à celle-ci qu'une fenêtre s'ouvre. Du bas de l'escalier, nous demandons à l'habitant qui se penche par la fenêtre, en lui souhaitant la Paix, s'il n'aurait pas un morceau de pain à nous donner. Après un petit moment d'attente, il revient en nous tendant un pain brioché coupé en tranches tout en s'excusant de ne pouvoir faire plus : « Je suis rentré hier soir et je n'ai pas eu le temps de faire des courses. » Le remerciant très sincèrement pour ce geste, je lui demande s'il n'a pas d'intentions de prière à nous confier. Alors, il nous demande de prier pour son père qui est décédé l'année dernière et pour son frère décédé un peu auparavant, et, avec beaucoup d'émotion, il demande enfin de prier pour son autre frère actuellement mourant.

En le remerciant et en l'assurant de notre prière à ces intentions, je lui explique le sens de notre démarche : « Nous allons à la rencontre des gens qui ne viennent pas à nous, et même s'ils sont un peu surpris, ils sont généralement contents de nous confier des intentions. Nous le faisons, comme nous y invite notre fondateur, saint François d'Assise, ‘pour l'amour de Dieu', c'est-à-dire pour que Dieu les comble de son amour, car nous n'avons rien de plus précieux à leur donner en échange de leur générosité que de se laisser traverser par l'amour de Dieu. »

Et lui alors, de se pencher par la fenêtre pour me dire tout bas comme en confidence : « Nous sommes tous mendiants d'amour ! »

Boris Barum, franciscain

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