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NOËL, UN TEMPS FAVORABLE... Qu'est-ce qui nous pousse à faire de cette fête un moment privilégié, un rendez-vous familial incontournable ? Le désir de « faire plaisir », ou plus profondément, la possibilité de se dire les uns aux autres que l'on s'aime ?
Noël , un temps favorable...
Premiers jours de novembre... Dans ma famille, quelque peu recomposée, il y a une question que chacun porte en lui sans vraiment oser la poser. « Qu'est-ce que vous faites à Noël ? ». C'est la prochaine échéance sérieuse qui pourrait voir la famille à nouveau réunie ; aussi les attentes sont-elles grandes autour de ces quelques jours qui pourront être vécus dans la joie de Noël.

On peut rêver d'un temps suspendu ou tout pourrait être possible : visite de celui qui est loin et qu'on ne voit jamais, retrouvailles heureuses entre les générations, attention particulière à celui qui est seul ou malade.
Mais les craintes sont à la hauteur des espérances. Et à bien y regarder, Noël, s'il est le temps de la joie est tout autant celui des larmes. Larmes de celui qui, au milieu des autres peut-être, se sentira renvoyé à sa propre solitude, larmes de celui qui ne peut se réjouir car il a trop lourd à porter ... Noël peut vite devenir insupportable. Insupportable aussi par tous les excès de consommation, la profusion de cadeaux, le « trop de tout » qui brouille le sens de ce que nous voulons vraiment vivre.
On expérimente que chacun peut donner le meilleur de lui-même
Noël est cependant un temps favorable où l'on expérimente que chacun peut donner le meilleur de lui-même, que l'on peut se dire les uns aux autre que l'on s'aime, même si les façons de le dire sont parfois maladroites, que des premiers pas vers une réconciliation sont possibles, comme si chacun trouvait en lui la force d'aller au delà de ce qu'il se sent capable de faire habituellement. S'agit-il seulement de « faire plaisir », ou de se laisser habiter, peut-être à notre insu, de ce « trop plein de grâce » propre à cette fête ?
Dans l'environnement culturel propre à notre société, qui semble totalement laïcisée et consumériste, ce sont pourtant bien les valeurs mêmes de l'évangile qui sont déclinées, revisitées, réinvesties. Sans doute en sommes-nous pétris jusqu'à ne pas pouvoir les reconnaître comme l'Evangile lui-même.
Oui, à Noël, tenons nos portes ouvertes ! Christ vient marquer le temps, temps de paix, de fraternité et de justice.
Claire, Equipe AP
L'Eglise sera-t-elle l'étoile qui conduit jusqu'à la rencontre de Jésus-Christ Fils de Dieu ?
Des chrétiens seront-ils là où se pose la question du sens de la vie ?
Y aura-t-il des veilleurs, là où des voisins ont perdu leur chemin ?
Dans nos villes où cohabitent tous les peuples, toutes les races et toutes les religions, l'Evangile de la fraternité est attendu. Dans une époque de peur et d'inquiétude, l'Evangile de la confiance et de l'amour de Dieu est attendu. Il est attendu l'Evangile de justice et de partage, sur nos terres où l'écart entre les riches et les plus pauvres ne cesse de grandir jusqu'à la colère.
Il est attendu l'Evangile de la tolérance et du pardon, là où se multiplient les différences et les conflits. Il est attendu l'Evangile de la résurrection, dans les groupes qui cherchent une survie et un progrès dans les réincarnations successives..... Il est attendu l'Evangile de la vie, dans les laboratoires, où s'invente l'avenir, et sur les autoroutes de la communication, où se croisent toutes les questions et toutes les réponses
Lorsque l'horizon se voile dans le rêve et dans l'oubli qui donc montrera l'étoile que chacun cherche en sa nuit ?
P. Marcel Perrier Evêque de Pamiers (2000-2008)
Feuilles d'automne -Ed. L'Edelweiss Paru dans le Journal La Croix - Epiphanie 2003
« Pour le cadeau de Noël je préfère de l'argent et pour la petite, une poupée, mais une poupée souple, avec les cheveux noirs, je t'envoie la référence et le catalogue ». « Mais j'aimerais lui offrir une poupée qui me plaise ! », « Oui, oui, mais qu'elle ait les cheveux noirs, et qu'elle soit comme celle du catalogue que je t'envoie »
Noël ! On finit toujours par céder à l'exigence du cadeau, plutôt que d'acheter celui que nous aurions souhaité choisir ! Jusqu'à quel point cela reste-t-il un cadeau. Un cadeau n'est-il pas gratuit, un don gratuit ? N'est-ce pas cela Noël ? Que devient le sens du mot « cadeau » ? Non seulement on n'offre plus ce qu'on désire, mais encore on nous exige tel ou tel objet.
Le cadeau n'est-ce pas aussi ce temps passé à chercher, à fouiller le petit quelque chose qui fera plaisir ? Peu importe si cela correspond vraiment à ce qu'attendait l'autre ; s'il l'a déjà dans une armoire ! Dans le cadeau ce n'est pas l'objet qui compte, ni sa valeur, c'est aussi l'effet de surprise qu'on voit apparaître dans les yeux de celui qui ouvre le paquet, car dans cet instant de cœur à cœur se lit le geste qui dit l'amour.
Offrir de l'argent plutôt que quelque chose ? Un objet gardera mieux le souvenir de notre affection. Un chèque, du liquide, quelle trace laisse-t-il ? Non seulement on oubliera rapidement que l'objet acheté avec cet argent nous a été offert, mais on risque aussi de thésauriser cette somme sans rien acheter. L'amour de ceux qui l'ont offert où s'inscrit-il symboliquement ?
A force de négocier ceci ou cela, de demander de l'argent, on perd le sens profond du don gratuit, toujours surprenant, geste d'amour qui des années après nous rappelle l'autre.
Noël devrait être le temps du rêve, le temps où se resserrent les liens familiaux, pas celui des transactions commerciales.
Equipe AP
Echos des diocèses
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