Antoine de Terves s'étonne encore aujourd'hui d'avoir réagi à une offre d'emploi à l'Arche (1) ; rien ne l'y prédisposait. Simplement, il éprouvait de plus en plus d'insatisfaction dans son travail : « Je touchais des primes énormes et ce n'était jamais assez ».
Il décide, non d'envoyer un CV, mais d'aller voir. C'était un week-end de Pentecôte, son épouse l'accompagne. Ils assistent ensemble à la messe. Antoine ne se souvient plus avec précision des textes lus, mais simplement de l'évocation du mot « pauvre ». « La place du pauvre est partout dans l'évangile, et soudain ici, le pauvre s'incarnait. C'étaient ces personnes accueillies, mais c'était moi aussi. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question : comment incarner ma foi ? J'étais touché par la simplicité de la relation des personnes avec Jésus ». Il ressort de ce séjour « transformé », l'évangile prenait un sens nouveau.
« Transformé » par l'Evangile

Fête de la Fidélité - L'Arche de Jean Vanier
Le chemin qui va le conduire, avec son épouse, jusqu'à la signature d'un contrat professionnel, va passer par l'accueil de la confiance. « Même lorsque lors d'une retraite, mon accompagnateur m'a alerté sur les difficultés à envisager, nous avons vécu ses remarques comme une dernière étape pour affermir notre choix ». Puis est venue la paix qui confirme la justesse de l'engagement. Et des petits signes, comme cette phrase qu'Antoine choisit pour son premier discours : « Avançons au large... ». « Je me croyais original, en fait, c'était un thème qu'ils avaient travaillé toute l'année en vue d'une fête ! ».
Sept années plus tard, s'il regarde en arrière, il peut dire : « Me lever en sachant que le travail que je vais accomplir a un sens plein, ça n'a pas de prix. La Parole de Dieu et la prière font partie de mes journées désormais. Ici les Béatitudes ne sont plus des mots, on les vit. »