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A notre porte
DANS LES CAMPS DE LA MISERE.

Diacre et bénévole au Secours Catholique, Jean-Marie s'engage avec d'autres auprès des migrants dans la « jungle » de Calais. Parti pour aider des pauvres, il y a trouvé des frères. Itinéraire d'un insurgé...



Dans les camps de la misère

Il y a quelques mois, nous recevions par courrier électronique un message diffusé sur les différents réseaux d'aide et de soutien aux migrants :


----- Original Message -----
From: Christian Soutien
To: secretariat@apostolat-priere.org
Sent: Tuesday, December 14, 2009 11:18 AM
Subject: Qui a dit que le délit de solidarité n'existe pas ? - Refugiés

Jean-Marie est diacre à Bollezeele ; il est bénévole du Secours Catholique. Interpellé, comme bien d'autres, par la détresse, la misère et le dénuement des migrants, sa conscience lui dicte d'aider ces êtres humains que la guerre, la famine, la pauvreté, ... ont jetés sur les routes loin de chez eux et loin des leurs pour rechercher situation, avenir meilleur, paix.
Aider son prochain, reconnaître l'autre, lui ouvrir son coeur, aider et donner, c'est le combat de Jean-Marie, son engagement d'homme. Sa sincérité, la simplicité de son action font des émules ; aussi, quand le 17 novembre les abris de fortune, la jungle de Loon- Plage, sont jetés bas et démantelés par la police, alors que depuis plusieurs semaines pluies et vents sont au rendez-vous quotidiennement... Jean-Marie et François amènent du bois pour que les migrants puissent à nouveau s'abriter, reconstituer ce toit de fortune, ne plus patauger dans la boue...et bien non, cela ne convient pas aux représentants de l'Etat et Jean-Marie et François sont convoqués le 7 décembre par le commandant de la Police du Port en présence du Directeur du Port autonome de Dunkerque. Ils leur enjoignent de cesser sous peine d'amendes (1500 euros) ces actions d'aide aux plus démunis.
Les deux hommes ne comprennent pas, ils sont persuadés que faire le bien ne peut pas être mal. Ils ont montré les photos des abris complètement détruits, la pluie, la boue ; ils pensent que leurs actions sont légitimes. Jean-Marie poursuit son engagement, il continue d'être présent aux côtés des migrants, d'apporter vêtements, nourriture, couvertures, avec les autres bénévoles. Il considère que ce serait un crime d'ignorer cette détresse, d'opposer un mur d'indifférence à ces frères qui ont froid, qui ont faim. Non Jean-Marie ne peut fermer les yeux, ne peut rester insensible aux malheurs de ces hommes qui parfois ne sont que des enfants.
Mais aujourd'hui, la charité, la solidarité avec les réfugiés sont devenus un délit de solidarité et Jean-Marie et François sont à nouveau convoqués, par la Police de l'Air et des Frontières cette fois, mardi 15 décembre à 14h30 pour Jean-Marie et à 16h pour François.
Soyons à leurs côtés, nous tous qui de Steenvoorde à Boulogne, en passant par Téteghem, Grande-Synthe, Tatinghem, Bailleul, Angres, Dunkerque, Calais ... sous les bannières de France Terre d'Asile, Terre d'Errance, C'Sur, Salam, No Border, La Belle Etoile, le Secours Catholique, et tous ceux et celles qui oeuvrent discrètement à la même cause, revendiquons encore le droit d'être aux côtés des pauvres et des plus démunis.

 

 

ANOTREPORTE-CIMG-JeanMarie-DEVULDER  

 

Quelques mois ont passé, nous avons repris contact avec Jean-Marie. Sa détermination à être ainsi au plus près des pauvres n'est pas entamée. L'association Terre d'errance est née, pour donner plus de poids sinon plus de légitimité à leur action. Nous lui laissons la parole :

« La première fois que je me suis rendu dans ces camps de la misère du Nord de la France, je pensais voir des migrants mais j'ai rencontré des hommes et j'ai quitté des frères. Des frères qui ont recherché un coin de terre pour commencer à vivre... mais en attendant , ils défendent chaque jour leur peu de dignité.

Avec les bénévoles de l'association Terre d'errance dont je suis le président, nous apportons tous les deux jours 1000 litres d'eau et essayons de nourrir 80 personnes, qui pendant 3 jours par semaine, ne reçoivent aucune nourriture.

Un lieu de prière fait de palettes et de plastique

 

 

En tant que diacre, je les accompagne spirituellement. Régulièrement, je partage la prière avec eux dans un lieu de prières fait de palettes et de plastiques. Ils savent que je suis catholique, et eux, sont pour la plupart musulmans, mais ils aiment à me rassurer: " il n'y a qu'un seul Dieu et tu es notre frère".

Dans leur misère, ils laissent une place pour Dieu. C'est toujours pour eux, une grande joie de recevoir une prière traduite dans leur dialecte, qui rappelle l'amour de Dieu sur une terre inhospitalière et, où les français, tournent la tête quand ils croisent un afghan, un iranien, un irakien qui veulent leur adresser le bonjour. »

Jean-Marie DEVULDER, diacre.

Echos des diocèses

 Cliquez sur l'image pour accèder à l'article :

ECHOS-FONDECRAN-cercledusilence-Dalbera


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