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A notre porte

Pour ceux qui lisent l'évangile, une évidence s'impose : Jésus passe d'une rive à l'autre, infatigable, pour aller à la rencontre du plus grand nombre possible. Différentes initiatives naissent aujourd'hui dans l'Église pour continuer cette mission du Christ. Sœur Elzbieta nous en parle.


« Mains vides et cœur ouvert »

L'une de ces initiatives, que j'ai vécue, est l'itinérance apostolique. Pendant quelques semaines, mains vides et cœur ouvert, en petit groupe, nous avons sillonné les routes, mendiants de parole et de pain.

La rencontre du Christ avec la Samaritaine illustre bien ce qu'est l'expérience de l'itinérance : aller à la rencontre des gens là où ils habitent, dans leurs préoccupations quotidiennes. Et surtout aller vers eux, en position de celui qui demande. « Donnez-moi à boire » dit Jésus à la Samaritaine. Rien de plus simple que de demander un verre d'eau, Difficile d'en refuser un. Et pourtant, par cette simple demande, Jésus transgresse la loi : il parle à une femme, à une Samaritaine ! Libre du regard des autres, il se laisse accueillir par elle dans une position de vulnérabilité, lui, le Juif...

 

A-Notre-Porte-puits


Cette demande engage une conversation, une rencontre qui s'approfondit au fur et à mesure. Cette femme va accéder à la vérité de sa vie, poser la question qui l'habite : « Où peut-on vraiment adorer Dieu ? » et confesser sa foi : « Je sais que le Christ viendra et qu'il nous annoncera toutes choses ». Ce qui me parait important dans l'attitude de Jésus c'est sa capacité d'éveiller l'autre à son désir profond, à son désir d'aimer et d'être aimé... Avant d'annoncer les vérités de la foi, Jésus suscite la parole de son interlocuteur pour l'aider à exprimer la soif qui creuse son existence.

Ce qui me parait important dans l'attitude de Jésus
c'est sa capacité d'éveiller l'autre à son désir profond.


Lorsqu'Etienne nous prend en stop, avec un frère jésuite, d'emblée il nous dit qu'il est non croyant et qu'il ne veut aborder ni le sujet de Dieu ni celui de la foi. Pas de problème pour nous car nous aimons échanger sur la vie de tous les jours, sur ce qui fait vivre et permet d'espérer. En confiance, il nous présente peu après sa femme et nous offre un goûter. Divorcé-remarié, il est très heureux de nous dire qu'un prêtre a béni leur amour avec sa marque de souffrance. Sa femme, elle, n'est pas divorcée. Elle nous confie alors sa souffrance à elle, celle due au regard des autres, de l'Eglise.

Le lendemain nous avons partagé avec eux le repas de midi. Nous n'avons parlé que de leur vie, cette vie que nous avons accueillie avec un grand respect et sans jugement.

Partant de chez eux, j'étais heureuse et mon cœur était rempli de joie. En me mettant à la table de ceux qui se sentent en marge de l'Église, j'ai eu le sentiment d'être instrument de la tendresse de Dieu. Je pensais au Christ qui demandait à boire à une Samaritaine et qui partageait les repas avec les publicains. Cette rencontre et tant d'autres renforcent en moi la conviction que toute histoire humaine est une « histoire sacrée ». L'Esprit de Dieu qui précède toutes nos rencontres continuera son œuvre en chacune des personnes rencontrées !....

Elzbieta, franciscaine missionnaire de Marie

  

Pour en savoir plus


Itinérants en Creuse : un nouveau visage de l'Eglise en train de naître. Témoignage de Guillem Causse, jésuite, ainsi qu'une intervention du Père Gilles Gracineau, Vicaire épiscopal de la Creuse. Voir : Itinérants en Creuse - site web de la Compagnie de Jésus

Qu'est-ce que l'itinérance apostolique ? 

L'itinérance franciscaine

ITER, une expérience d'itinérance apostolique

 

 

 

 

 

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