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| Une expérience chrétienne millénaire | |||
Réconciliation et justiceSe laisser habiter par des sentiments de charité, désirer la réconciliation avec soi-même et entre frères humains, marcher résolument sur des chemins de justice, c'est là véritablement entrer dans le choix de Dieu. Au risque d'avoir à rencontrer l'incompréhension, voire l'impopularité, le croyant se laisse conduire par cette assurance qui est aussi un appel : Le Seigneur est juste ; Il aime la justice. Aujourd'hui, qui est véritablement porteur du langage fort de ceux qui parlent au nom de Dieu ?
La réconciliation, le pardon, sont choses difficiles, voire impossibles ? L'Eglise se doit néanmoins de crier (et de vivre !) la vérité comme le fit le Christ. Face aux puissants, face à la classe dirigeante, face aux désirs de domination et de richesse, entendra-t-on encore aujourd'hui, venant de l'Eglise, des paroles libres, pareilles au verbe audacieux d'un saint Jean Chrysostome devant la cour de Constantinople : « Malheur à vous qui laissez pourrir vos vêtements cousus d'or dans vos coffres tandis que le peuple reste nu » ? ; entendra-t-on l'exclamation d'un saint Basile : « Vous volez aux pauvres tout ce que vous gardez en surplus » ? L'Eglise d'aujourd'hui, comme celle d'hier, a en tout cas à porter ce souci de justice et de paix, de réconciliation. Et l'Eglise, c'est nous. Miettes spirituellesSaint Augustin (354-430) : Ce que tu feras, c'est l'Eglise qui le fera, et tu le feras pour l'amour de cette Eglise dont tu es le fils. Rends le bien pour le mal. Ces hommes ont, par un crime horrible, arraché les membres d'un être vivant. Et toi, fais en sorte, par une œuvre de miséricorde, qu'ils puissent faire usage pour quelque travail utile de leurs membres intacts. - Lettre 134 au proconsul Agringius - Contre la torture et la peine de mortMaurice Zundel (1897-1975) : Dès que Dieu n'est plus perçu comme une expérience libératrice, il devient un faux dieu (...). Le Dieu confessé par les croyants n'est pas un Dieu dont on parle, mais un Dieu dont on vit. - Extrait de « Un autre regard sur l'homme » (1) Sœur Emmanuelle (1910-2009) : La nature de l'homme est sociale et fraternelle. C'est dans l'ordre politique, celui de la relation entre les hommes, entre les peuples, que se jouent et le bonheur de l'homme et le projet de Dieu. L'unité fraternelle terrestre vise à reproduire l'image de la communion céleste dans l'amour trinitaire. - dans « Richesse de la pauvreté » (2) Au coeur de ma vieDans ma vie, professionnelle et familiale, communautaire et sociale, suis-je artisan de pardon et de réconciliation ? Est-ce que j'ai à cœur de saisir la moindre occasion, le plus petit instant, l'événement le plus simple, pour y offrir le signe de la fraternité et de la justice ? Est-ce que je veux, est-ce que je peux et sais, me laisser mouvoir et émouvoir par l'appel à être signe d'Evangile, membre d'une Eglise maîtresse d'humanité et de bonté envers tous les hommes ? Jean-Marie, moine Pas à pas, à votre rythmePour aller au coeur de la foi avec le défi de ce mois-ci nous vous proposons un itinéraire. Prenez le temps d'écouter, de voir, de goûter. Ne vous précipitez pas au pas suivant, attendez quelques jours comme un cadeau à recevoir. "Ce n'est pas d'en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l'âme, mais de sentir et degoûter les choses intérieurement" Exercices Spirituels (*).
1er pas1er PAS - Dieu est justiceParmi les richesses de Dieu que manifestent tant et tant de pages de la Bible, L'histoire biblique est tissée de rencontres entre des hommes et des femmes se découvrant jour après jour objets de la miséricorde, de l'attention et de la justice de Dieu ; mais une justice qui, parce qu'elle est divine, c'est-à-dire ineffable et inespérée, pourrait presque, parfois, être qualifiée... d'injuste, tant Dieu est prodigue de son pardon et de grâce, y compris lorsque l'homme persiste dans le péché et se laisse attirer vers les idoles.
Le Seigneur est juste dans toutes ses voies, Psaume 145, v. 17-19
2ème pas2ème PAS - Sa justice passe par l'homme L'appel retentit dès lors, au cœur de tout humain, de toute société, « Celui qui ne vit pas selon les circonstances, celui qui ne vit pas selon son milieu, selon ses commodités, selon la matière, celui qui vit pour la Justice et pour la Vérité, sans s'occuper des conséquences, celui-là n'est pas un athée, car il est dans l'Eternel et l'Eternel est en lui ». dans « Le Pain et le vin » (3) Occasion de nous demander si et comment nous faisons nôtre la soif de justicequi est celle de Dieu. Avons-nous vraiment le désir d'adopter « les mœurs de Dieu », d'un Dieu qui, parce qu'il veut être juste, s'oublie lui-même, pardonne et aime ? Avons-nous conscience que les chemins de la justice sont des chemins qui nous humanisent, en nous rendant plus proches de la vérité, de nos frères humains, et de Dieu ? 3ème pas3ème PAS - L'Eglise, instrument de justice et de réconciliationAu point de rencontre entre le mystère de Dieu et le mystère de l'homme, se tient l'Eglise. Par sa parole et sa vie, par sa charité et son appel à plus de justice, par des signes de miséricorde, de bonté et de réconciliation, l'Eglise témoigne que l'Evangile annonce et proclame la liberté des enfants de Dieu,
Sans cesse suscitée par l'appel de Dieu et par le besoin des hommes, Chacun de nous pour notre part contribuons à la vie de l'Eglise (*) Exercices Spirituels, 2ème annotation - Saint Ignace de Loyola
(1) in Vivre l'Evangile avec Maurice Zundel, Dieu, le grand malentendu, éditions Saint-Paul, Versailles, 1997. (2) Sœur Emmanuelle avec Philippe Asso, Richesse de la pauvreté, éditions Flamarion, Parie, 2001. (3) Ignazio Silone, Le pain et le vin, chap. 1, Trad. J.-P. Samson. (4) Concile Œcuménique Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 41, préface par Giuseppe Alberigo, Editions du Cerf, Paris, 2003. (5) in Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, avant-propos de Mgr J.-C. Descubes, éditions Bayard-Le Cerf-Fleurus, Paris, 2005.
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