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70 ans
 
Inde
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MON FRERE CHRETIEN DU KANDHAMAL - L'INDE : un pays-continent, où des chrétiens sont très minoritaires. Leur situation varie entre le Nord et le Sud selon la tolérance religieuse de ces régions. Au Nord-Est de ce pays, dans le District de l'état d'Orissa, Kandhamal a vécu en 2008 un épisode sanglant de persécution des chrétiens. Qu'en est-il aujourd'hui ?

 


Frères chrétiens du Kandhamal

 

« Le Kandhamal est une région tellement belle. Une forêt tropicale mais bordée de montagnes creusées de profondes vallées. La topographie de ce plateau niché au cœur de la province indienne d'Orissa a probablement sauvé la vie de dizaines de milliers de chrétiens qui se sont réfugiés dans la forêt lorsque 300 villages ont été attaqués le 25 août 2008 par des foules cherchant à tuer, incendier et violer.

 

 Attendre dans la forêt que la police les sauve

 

 

 

 

Au pire de la violence, 54 000 hommes, femmes et enfants se sont cachés dans ces forêts de grands arbres Shala, où les ours et les grands félins abondent et où les éléphants peuvent être entendus au cœur de la nuit. Parmi eux, les familles de trois douzaines de prêtres catholiques et d'au moins deux fois plus de religieuses ; ils se cachaient et attendaient le moment où la police viendrait restaurer l'ordre public. Pour certains d'entre eux, cela est venu trop tard. Une centaine de personnes sont mortes durant ces événements; parmi elles trois pasteurs protestants et un prêtre catholique, le Père Bernard Digal. Une religieuse, Sœur M., a été parmi les trois victimes qui ont été violées.

 

Les prêtres sont des enfants du pays

 

 

 

 

Cette brutale tragédie met toutefois en lumière les liens étroits qui existent entre les prêtres locaux et les chrétiens de leurs communautés. Contrairement à plusieurs autres endroits en Inde, où le prêtre de la paroisse peut provenir d'un endroit situé à plusieurs milliers de kilomètres, être d'une ethnie différente et parler une autre langue maternelle, les prêtres et les religieuses du Kandhamal sont issus du terroir. Les villages incendiés sont ceux où ils sont nés; les églises détruites sont celles où ils ont été baptisés et où ils ont célébré leur première messe.

 

 

 

C'est pourquoi il y a quelque chose de remarquable à propos des prêtres et des religieuses du Kandhamal, qu'ils soient Dalits (les soi-disant ‘intouchables') ou Tribaux (peuples autochtones de l'Inde). Certains, comme les pères Vijay Naik et Vijay Prahdan, le premier dalit et le second autochtone, ont des doctorats d'universités romaines. Plusieurs autres ont choisi d'étudier en travail social et sont actifs sur le terrain. Ils contribuent à galvaniser un peuple qui pendant des siècles a souffert d'une situation proche du servage et pour qui la nourriture était maigre et l'éducation, une réalité inconnue.

 

Ce n'est pas étonnant que le travail des prêtres et des religieuses ait soulevé la colère des personnes ayant de grosses entreprises et celle des investisseurs.

 

Lorsque la violence a éclaté, les familles des prêtres furent particulièrement visées. Le frère du Père Mrityunjay, le secrétaire de l'archevêque de la région, a été converti de force à l'hindouisme par une foule meurtrière qui lui a rasé la tête et lui a fait avaler de l'urine et de la bouse de vache. Le jeune homme a souffert en silence et il s'est réfugié dès qu'il a pu dans l'église avec les autres réfugiés.

 

Pauvres au milieu des pauvres,
les prêtres ne peuvent être accusés d'aucune corruption

 

 

 

 

 

Comme partout dans le monde, le clergé et les communautés religieuses en Inde font face occasionnellement à des accusations de fraudes, mais on peut facilement dire qu'au Kandhamal, cette situation n'existe pas. La famille du Père Bernard Digal, qui était trésorier de l'archidiocèse et est devenu le premier martyr de cette éruption de violence, vivait dans une hutte faite de terre et de chaume lorsque je l'ai visité il y a quelques années. Après cet explosion de violence, les prêtres et religieuses ont été parmi les milliers d'autres à vivre dans les camps de réfugiés organisés par le gouvernement. Ils ne sont pas encore retournés dans leurs villages.


Je présente mes respects à tous les prêtres et toutes les religieuses du Kandhamal. »

 

John DayalPrêtre catholique, jésuite, militant indien pour les droits de l'homme et secrétaire général du Conseil pan-chrétien de l'Inde (All India Christian Council), organisme très actif dans la défense des minorités religieuses qui réunit des représentants chrétiens de toutes les confessions.

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Et aujourd'hui, quelles sont les suites de ce pogrom ?

 

Au mois de février dernier, une délégation européenne chargée d'enquêter sur la situation au Kandhamal a témoigné d'une situation difficile pour les chrétiens, dont un bon nombre vivent encore dans des camps de réfugiés car menacés de mort dans leurs villages par des hindouistes. VOIR Article - ZENIT

 

En décembre 2010 le déroulement du procès des agresseurs de la religieuse violée lors de ces attaques se voit bloqué : les avocats n'ont pas été payés par le gouvernement. Des militants pour les droits de l'homme dénoncent à travers ce dysfonctionnement un « total déni de justice » pour les victimes du Kandhamal . VOIR Article - EDA

 

En janvier 2011, le corps ensanglanté du Rév. Saul Pradhan, 45 ans, pasteur d'une Eglise pentecôtiste, est retrouvé mort. Connu pour être un apôtre de la réconciliation entre les communautés chrétiennes et hindoues, il faisait l'objet de menaces depuis plusieurs mois de la part des hindouistes, lesquels avaient incendié sa maison lors des pogroms de 2008. VOIR Article - EDA

 

L'ensemble de la communauté chrétienne en Orissa s'est montré très alarmée de ce nouveau meurtre : elle déplore le fait que les hindous radicaux aient mis en place « un plan d'élimination systématique de tous les leaders chrétiens » sans que les autorités du district ne fassent quoi que ce soit pour « stopper cette campagne de haine »

 

Deux ans déjà et toujours pas d'aide - Voir article CSI - Christian Solidarity International

 



Si vous souhaitez voyager à Madurai avec un groupe de jeunes :

 

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Un voyage au pays dalit - Marie-Neige - Equipe AP


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