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61,69 ans| Cambodge |
CAMBODGE
LA MATERNELLE : PREMIER PAS CONTRE L'EXPLOITATION. Marie-Laure, laïque missionnaire (Société des Missions-Etrangères du Québec), vit au Cambodge avec son mari et ses enfants depuis six ans. Son défi, son pari, son espérance : apprendre aux enfants la liberté de jouer.
La maternelle : premier pas contre l'exploitation
Selon le rapport de l'UNICEF 2008, En moyenne, ces enfants passent plus de 20 heures par semaine, principalement dans l'agriculture : les rizières, les champs ou la pêche, ou comme employés domestiques. Ces travaux sont rarement rémunérés si ce n'est par le repas ou un lieu pour dormir.
A la campagne comme en ville Il n'y a pas de jour de repos : une pratique normale et très courante dans la société cambodgienne. Le travail des enfants y est plutôt bien vu et fortement encouragé par les parents qui ont du mal à s'en sortir. Ils n'ont pas de vision à long terme où l'avenir de l'enfant se pose. Apprendre à rire En ville, la situation est plus grave encore qu'à la campagne car les formes de travail peuvent se solder très facilement par divers trafics comme le commerce sexuel, en recrudescence.
C'est dans ce contexte que le gouvernement cambodgiena signé en 2000 la Convention de Dakar pour le Droit des Enfants et s'est lancé dans une campagne : « L'Education pour tous ».
On sait en effet qu'une grande proportion d'enfants abandonnent leur scolarité à cause des exigences du travail. Or il a déjà été remarqué que plus l'enfant intègre les écoles maternelles, plus les risques d'interruption de scolarité diminuent.
Depuis 2003, le nombre des écoles maternelles du Vicariat de Phnom Penh est passé de 3 à plus de 20. On sait que les petites filles sont plus facilement retenues à la maison. Aujourd'hui, ce sont ces jeunes filles qui sont maîtresses. Des espaces de liberté pour les maîtresses
C'est un défi que de chercher à transmettre la vie quand on ne l'a pas expérimentée soi- même ou si peu !
Dans un milieu scolaire où l'éducation dirigiste a beaucoup de place, où l'expression personnelle se réduit aux chants nationaux et à répéter à haute voix derrière la maîtresses les phrases de l'histoire racontée, l'espace donné à la liberté et à la créativité est bien réduit. A l'intérieur de ce cadre, il nous faut redonner un souffle nouveau, par la formation des maîtresses, même si ce n'est qu'une brise légère. Bien sûr cette conception de l'éducation ne changera pas avant bien longtemps car elle sert une société dans sa structure de pouvoir. Parier sur le rire et les jeux
Mon plus grand espoir et mon énergie se tournent vers ce désir de faire découvrir aux maîtresses leur potentiel affectif, créatif, intellectuel au service des enfants.
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