Ouganda
Envoyé en zone de première évangélisation en Ouganda dès la fin de ses études en France, le Père Zacharie, père missionnaire d'Afrique, se trouve aussitôt plongé dans une culture de violence naturelle et confronté à une attente à l'égard des missionnaires, qui n'a parfois rien d'évangélique.
Parler à des guerriers d’un Christ en croix
J'aurai bientôt passé deux ans à Tapac, une zone de première évangélisation. Nous essayons de proclamer un Christ qui est amour, pardon, et surtout proche de chacun de nous. Je peux vous assurer que la tâche n'est pas facile parmi les karamojongs, les habitants d'ici, au regard de leur mentalité. Que faire pour que le Christ soit connu et aimé ici ? Il y a mille et une questions dans ma tête.
Je vous parlerai d'abord des guerriers. Ils s'en vont sur les routes, toujours à la recherche de vaches à voler chez leurs voisins. Avec leur kalachnikov AK 47, ils tuent toujours avant de s'emparer des vaches des tribus voisines. Tuer ici n'est pas un péché et après une attaque manquée, ils tirent sur des innocents.
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"Les choses iront tout doucement dans le bon chemin, avec de la patience" Père Zacharie Sorgho
C'est dans ce contexte que nous essayons de proclamer un Christ mort et ressuscité pour tous. La tâche est âpre.
Ici à Tapac, la tradition place les femmes dans le rang des choses à consommer. Il n'est pas rare de voir les hommes jauger déjà les jeunes filles quand elles s'en vont puiser de l'eau au marigot. Des paroles comme « elle vaudra au moins 45 vaches » sont courantes dans les discussions des hommes au repos sous les arbres. Une fois les vaches requises données, la fille sera capturée de force comme un animal et amenée chez son mari. Je l'ai vécu moi même dans une classe.
Pour attirer les enfants à l'école, nous leur donnons à manger. Si nous avons de la nourriture, la classe est bondée, sinon l'école devient un lieu désert. Mais je crois à l'éducation des jeunes filles pour un changement qui adviendra plus tard. Nous semons le grain avec espoir qu'un jour il y aura récolte. La difficulté majeure est de convaincre les parents de ne pas donner leur fille en mariage précoce. Un homme va refuser de donner une vache pour payer la scolarité de sa fille ... et en trouver 45 ou 50 pour prendre une quatrième ou cinquième femme.
Etre avec eux une présence agissante du Christ, les aider à vivre les valeurs de l'évangile est un grand défi pour nous tous. Je garde au cœur Sa promesse « Je serai avec vous » et je poursuis ma course malgré la fatigue et les difficultés. Déjà cette année, il n'y a aucun signe d'excision des filles comme encore l'an passé. Peut-être que nos sessions de formation y sont pour quelque chose. Nous avons aussi construit un dortoir pour diminuer le taux d'absentéisme des filles, qui ne revenaient pas après les congés.
Il faut de la patience. Le Seigneur, lui, travaille dans la patience ; le voyage de demain commence par le pas d'aujourd'hui. Que Dieu vous bénisse et vous garde. Merci de me soutenir par vos prières.
Zacharie, Père missionnaire d'Afrique

Le Père Zacharie parmi les karamojongs
A défaut d'entrer dans un village karamojong Marie-Neige Roussel nous invite à nous laisser accueillir par un village du Mali :
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